Il faut sauver, l’AFP, d’une privatisation latente.
Dans une question écrite récemment adressée à Rachida Dati, la ministre de la Culture, trois sénateurs volent au secours de l’Agence France-Presse, dans une situation financière inconfortable.
Ainsi, ils demandent « si le gouvernement entend augmenter la dotation de l’État » afin d’aider l’agence, créée en 1944, « à faire face à [ses] difficultés financières, mais aussi pour permettre aux citoyens de bénéficier d’une information fiable ».
Chaque année, l’AFP reçoit près de 120 millions d’euros de l’État, une compensation pour sa mission d’intérêt général. Mais la conjoncture s’acharne : prise en tenaille entre les populismes d’extrême droite du monde entier et la croissance exponentielle de l’intelligence artificielle, elle cherche à dégager 2 millions d’économies dès cette année, et entre 10 et 12 millions en 2026.
Le 13 juin, dans un « message sur la situation de l’agence » face caméra, son président-directeur général, Fabrice nies, a présenté aux équipes un plan afin de « surmonter des difficultés qui s’annoncent durables ».
Au siège de l’AFP, on pointe plusieurs raisons — cumulatives — à l’origine de ce décrochage. Au moment où la crainte mondiale d’une récession tire les budgets vers le bas, elle est rattrapée par la polarisation de la vie politique. « On subit par ricochet la pression qu’exercent les gouvernements autoritaires ou populistes sur nos clients », a ainsi expliqué Fabrice Fries. À commencer par les médias publics.
Avec le démantèlement du réseau de diffusion incluant Voice of America et Radio Free Europe par l’administration Trump, elle a perdu un client historique, pour un préjudice qui pourrait dépasser le million d’euros. Le cas n’est pas isolé : le président anarcho-capitaliste argentin, Javier Milei, a fermé l’agence Télam, accusée de « propagande ».
En Russie ou en Chine, des médias loyalistes ont préféré résilier leur abonnement, quand bien même l’AFP n’y est pas — encore — interdite.
En France, alors que l’agence jouissait jusqu’à peu d’une estime transpartisane, le RN a tenté, sans succès, de faire baisser son financement public en commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Si sa mission d’intérêt général est, comme le formule son PDG, « plus nécessaire que jamais », elle a donc rarement été aussi menacée.
Olivier Tesquet. Télérama. N° 3943/3944. 06/08/2025
Un avis de B.H.
L’AFP doit rester un service public indépendant financé par l’état.
Il y a plein de cabinets de conseils qui pompent inutilement les finances de l’état mais elles sont protégées par Macron car elles ont financé ses campagnes électorales
Un avis de R.B.
Hélas trois fois Hélas, ces gouvernements successifs n’ont qu’une obsession faire disparaître tout ce qui est public. Le transfert est en marche depuis plusieurs décennies. Mais je crains que cela ne s’accélère avec un pouvoir politique aux abois.
Sous les yeux d’une classe médiacopolitique complice voire complaisante par convictions ou lâcheté ne veut ou ne peut s’y opposer. De plus, la confiance envers toutes les formes d’institutions s’efface pour laisser le sentiment tout est corrompu !
J’entends de nombreuses personnes, dont certaines de rencontres, exprimer des sentiments de plus en plus hostiles pour le « Grand Timonier » et les excellences de notre système politique.
C’est très inquiétant !
RBLAPLUME.