Ils ne demandaient rien…

L’État français a exploité les richesses de nombreux pays africains tout en offrant des droits à la population, comme l’opportunité de venir en métropole pour étudier et travailler (à bas coût le plus souvent), ce qui a contribué à l’enrichissement des anciennes colonies. Les jeunes de ces pays ont alors pu bénéficier d’une éducation dans des institutions réputées, acquérant ainsi des compétences et des perspectives qu’ils n’auraient peut-être pas eues chez eux. Cependant, malgré ces avantages apparents, ils sont maintenant souvent vus comme des émigrants, et ce regard négatif masque les réelles contributions qu’ils apportent à la société française. Cette situation soulève des questions importantes sur la façon dont l’histoire coloniale continue d’influencer les perceptions contemporaines et sur la manière dont il serait possible de reconnaître et de valoriser les parcours de ces individus qui, en cherchant à améliorer leur vie, enrichissent également la culture française. MC

Néocolonialisme : après un siècle et demi de présence, l’armée française quitte (enfin) le Sénégal

Initié fin 2024, le départ des militaires français s’est achevé jeudi 17 juillet avec la rétrocession de la dernière des cinq bases, où 350 soldats stationnaient encore. Un retrait effectué dans la concertation, au contraire d’autres pays africains.

Un « vestige colonial ». C’est ainsi que les Sénégalais désignaient les dernières bases militaires françaises dans le pays, notamment le camp Geill, situé dans le quartier de Ouakam, au mur duquel est inscrit « Éléments français du Sénégal ». La plus grande installation militaire française dans le pays a été rétrocédée aux autorités locales jeudi 17 juillet, lors d’une cérémonie menée par le chef d’état-major des armées du Sénégal, le général Mbaye Cissé, et son homologue Pascal Ianni, commandant de l’armée française pour l’Afrique.

Les quatre autres bases avaient été rétrocédées au cours de ces derniers mois. Avec le départ des derniers militaires français, c’est le cycle postcolonial entamé avec les indépendances africaines de 1960 qui se referme, en tout cas de façon symbolique. Mais, en réalité, cette emprise n’était qu’un prolongement de la présence de militaires depuis le XIXe siècle.

Élu en avril 2024, le nouveau président du pays, Bassirou Diomaye Faye, avait annoncé six mois après la fin de toute présence militaire, pour traiter la France à l’égal des autres partenaires. « Le Sénégal est un pays indépendant, un pays souverain, et la souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires », avait-il déclaré. Il s’agissait d’une promesse de campagne pour l’exécutif et son parti, le Pastef, tenant d’une ligne souverainiste et panafricaniste.

Mais, dans ce cas, il ne s’agit nullement d’une « rupture », avait précisé le président sénégalais, qui prévoit un « partenariat rénové ». Une précision de taille, car la présence militaire française dans de nombreux pays africains, héritage direct de la domination coloniale perpétuée après les indépendances, s’est effondrée comme un château de cartes en quelques années.

Et souvent de façon brutale, notamment dans les pays ayant connu des coups d’État militaires depuis 2021 : au Mali, au Burkina Faso, au Niger. La dernière rupture a été actée récemment au Tchad, en janvier, où l’armée française comptait encore près de 5 000 soldats en 2022.

En Côte d’Ivoire, où le président Alassane Ouattara est un allié fidèle de la France, à qui il doit son accession au pouvoir – notamment par une intervention militaire en 2011 –, l’armée tricolore reste présente, malgré la rétrocession de la base d’Abidjan en février dernier. Tout comme au Gabon, avec une base partagée entre les armées des deux pays. Mais elle demeure surtout à Djibouti, où elle compte 1 500 soldats.


Article de Benjamin König et Source


Une réflexion sur “Ils ne demandaient rien…

  1. bernarddominik 18/07/2025 / 17h20

    Oui, il était temps.
    Mais on ne peut juger le colonialisme avec notre vision actuelle.
    Le bilan financier des colonies est très discuté, pour l’état les colonies ont coûté plus qu’elles n’ont rapporté, mais elles ont beaucoup rapporté à quelques investisseurs privés.
    Aujourd’hui, il n’y a plus de domination coloniale, mais dans des pays où les différentes tribus s’opposent fortement, comme la Côte d’Ivoire, la présence de l’armée française tempère les tendances putschistes, mais pas toujours Macron est en réalité un indécis peu conséquent. Il n’a pas protégé les présidents élus au Mali et au Niger. Notons que les africains manifestent toujours pour le pouvoir en place, quand le putsch échoue ils demandent la tête des militaires, quand il réussit ils demandent la tête de ceux qu’ils ont élu. L’opinion publique y est encore plus versatile qu’en Europe.

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