De LR à Ménard, convergence des droites

Ce n’est encore qu’une option, mais la droite Les Républicains (LR) pourrait soutenir Robert Ménard aux municipales de mars 2026, selon Le Figaro.

Le maire de Béziers, qui a appelé à voter Marine Le Pen aux deux dernières présidentielles, est d’ailleurs invité aux universités d’été des LR, début septembre.

La fin du « bloc central »

C’est nouveau, mais pas surprenant. Le président de LR et ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a clarifié la stratégie municipale de son parti dans un entretien mardi à Valeurs actuelles : s’il y a un « cordon sanitaire » à respecter, ce n’est plus avec le Rassemblement national (RN) mais avec La France insoumise (LFI), « la première et la pire menace politique ».

Curieusement, cet entretien n’a fait de bruit dans le Landerneau que par la nécrologie du macronisme, « qui s’achèvera avec Emmanuel Macron », seIon le ministre de l’Intérieur. Il l’avait pourtant déjà dit. Et l’intérêt premier de cette petite phrase est en fait d’acter que le « bloc central », qui réunirait Ensemble, MoDem, Horizons et LR pour soutenir le gouvernement puis un même candidat à la présidentielle, n’est plus qu’une fable contée par les macronistes (et François Bayrou, forcément).

Dans ce même entretien, Bruno Retailleau se fixe pour objectif « l’union des électeurs de droite, pas l’union des droites ». Car, dit-il, « on ne rassem­ble pas par le haut, mais par le bas ». Ce fut en partie déjà le cas aux législatives de 2024 : au second tour, confrontés à un choix entre un candidat RN et un candidat de gauche, les électeurs LR ont préféré le RN à 34 % contre 29 %, et même 38 % contre 26 % si le candidat de gauche portait l’étiquette LFI. C’est bien cette tendance à la convergence des électorats de droite et d’extrême droite que LR compte encourager aux municipales – évidemment à son avantage plutôt qu’à celui du RN.

Le modèle Sarkozy

La convergence a cependant lieu également par le haut. Ni­colas Sarkozy, qui plaidait na­guère pour une alliance entre les LR et les macronistes, a récemment invité Jordan Bardella.
Dans son livre paru à l’automne, Ce que je cherche (Fa­yard), le président du RN défend « l’idée de réunir dans un même élan les Français is­sus des classes populaires et une partie de la bourgeoisie conservatrice comme Nicolas Sarkozy le fit en 2007 ».
Une idée reprise par Bruno Retailleau dans Valeurs actuelles, où il vante cette campagne présidentielle comme « la plus bel­le campagne menée par la droi­te depuis une trentaine d’années », « une politique de rupture assumée sans considé­ration […] d’étiquettes politi­ques ».

En ce sens, les élections mu­nicipales porteront au moins un enseignement national : qui, des candidats LR et RN, profitera le mieux de la convergence des électorats de droite ?
Robert Ménard, pour sa part, est et restera sans doute sans étiquette nationale, afin de mieux rassembler.

Parions qu’il ne sera pas le seul.


Francis Brochet. Le Dauphiné 24/07/2025


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