Les traces

On aime ou pas les pensées et poèmes d’Alda Merini, il reste que c’est une des grandes écrivaines poétesses italienne. Écrire sur la folie — S A folie — n’est pas « donné » à tout le monde. Le texte de l’interview qui suit, mène plus loin qu’une simple première lecture, nous semble-t-il. MC


Est-il légitime de vouloir laisser des traces dans la vie ?
Je pense, oui, c’est inévitable.

Et à quoi ça sert ?
À signifier que l’homme a été de passage, et s’est bien comporté, en bref qu’il a obéi.

À quoi ?
Au dessein du conflit éternel.

Donc les traces font partie des excréments humains.
Je dirais que oui, ce sont les excréments d’origine, car Dieu s’y reflète.

Dieu ne répugne-t-il pas à se chercher dans ce néant fétide ?
Je crois que non, parce qu’il le fait comme une mère qui étudie les excréments des nourrissons.

À quoi ressemblent-elles, ces traces : elles sont physiques ou psychiques ?
Plus physiques qu’autre chose, mais les dieux peuvent sentir en elles l’Odeur de l’âme. De ces excréments naît une pourriture terrible, une odeur qui chatouille les narines des esprits divins.

Mais le corps se manifeste-t-il aussi dans l’âme ?
Non, c’est l’âme qui monte dans le corps et vice-versa.

Alors à quoi servent les traces ?
À établir les limites humaines, comme fait le chien, qui délimite régulièrement son territoire.

En levant la cuisse, il laisse ses traces.
Oui, cela arrive comme quand on marche sur un ver de terre et que ressortent ses viscères, tous les dieux se goinfrent de ses viscères spirituels.

En somme…
En somme, il n’y a pas de confrontation entre ce qui est accordé et ce qui n’est pas accordé, les traces sont sanguines et leur sang est parfait.

Existe-t-il une mesure du sang ?
Non, comme il n’existe pas de mesure de la mémoire, les deux se fondent dans l’illusion.


Alda Merini. Recueil : « Confusions des étoiles ». Ed. Seghers (Édition bilingues)


Le tracce

È lecito lasciare delle tracce di vita ?
Credo, si, che sia inevitabile.

E a che servono ?
A significare che l’uomo ha avuto il suo transito, che si è portato bene, insomma che ha obbedito.

A che cosa ?
Ai disegni di un eterno conflitto.

Dunque le tracce fanno parte dell’umano escrementizio
Direi di si, che sono l’escremento base perché Dio vi si specchi.

Dio non ha riluttanza in questo suo cercarsi nel nuira is putrido ?
Credo di no, cosi corne una mamma studia gli escremens I lattanti.

Di che ordine sono le tracce : sono fisiche o psichiche ?
Piu fisiche che altro, ma gli dei vi odorano il Sentore dell’anima Da questo sterco nasce un putridume tremendo, un sentore che vellica gli spiriti divini.

Ma c’è corpo anche nell’anima ?
No, è l’anima che sale al corpo e viceversa.

Allora le tracce a che cosa servono ?
A stabilire i confini dell’uomo, cosi come il cane, che delimita puntualmente il suo territorio.

Da una coscia lascia le tracce.
Si, avviene corne quando si calpesta un verme e ne escono le interiora, su queste interiora spirituali si abbuffano tutti gli dei.

In sostanza…
In sostanza non c’è paragone tra ciè che è concesso e cià che non è convesso, le tracce sono sanguigne, il loro sangue è perfetto.

Esiste un metro sanguigno ?
No, corne non esiste un metro della memoria, tutti e due scompaiono nell’illusione.


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