On attendait mardi le verdict en appel de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, détenu depuis novembre et condamné à cinq ans de prison en première instance. Mais le coup de tonnerre est venu de l’annonce de la condamnation à sept ans de prison du journaliste français Christophe Gleizes. Travaillant pour les magazines So Foot et Society, il avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie. Il enquêtait à Tizi Ouzou sur un club de foot local, la Jeunesse Sportive de Kabylie. Le régime algérien l’accuse de liens avec une organisation « terroriste » pour l’autodétermination de la région.
Expulsions de diplomates
Cela fait un an que la tension, toujours latente entre la France et l’Algérie, connaît un nouveau pic : depuis la reconnaissance par le président français d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » du Sahara occidental, territoire que se disputent depuis 50 ans le Maroc et les indépendantistes du Polisario, soutenus par Alger. Cela a provoqué une crise diplomatique considérée comme l’une des plus graves depuis la guerre d’Algérie, marquée par des expulsions de diplomates de part et d’autre et un gel de toutes les coopérations.
Nous sommes face à un « nouveau durcissement du régime algérien », analyse Jean-Louis Levet (*), ancien responsable de la coopération technologique et industrielle franco-algérienne, et membre du comité de soutien à Boualem Sansal. « C’est une nouvelle illustration tragique de l’impuissance du pouvoir algérien à agir au service de son peuple. Comme l’ont montré des économistes algériens, l’Algérie est le seul « pays émergent » à avoir régressé depuis les années 1970 ». Et les grandes manifestations du Hirak, en 2019, ont fait basculer d’un « système relativement autoritaire à un régime totalitaire », la France servant d’éternel bouc émissaire.
L’autre côté de la Méditerranée n’est cependant pas exempt de responsabilité. « La relation entre les deux pays confond politique étrangère et politique intérieure, poursuit Jean-Louis Levet. C’est très marquant en France depuis un an, avec un ministre de l’Intérieur qui prône le rapport de force… On retrouve à droite et à l’extrême droite cette volonté d’utiliser le passé de la guerre d’Algérie. »
« Deux sociétés liées »
Et pas mieux à gauche : « La gauche sociale-démocrate est totalement incapable de produire une vision de ce que pourrait être la relation entre les deux pays, et LFI refuse de mettre en cause le régime algérien ».
Conclusion désabusée de Jean-Louis Levet, qui a consacré des années à tisser des liens entre les deux rives de la Méditerranée : « J’ai du mal à comprendre pourquoi nous n’arrivons pas à comprendre que nos deux sociétés sont intrinsèquement liées, avec des millions de gens qui se connaissent des deux côtés. En fait, ces sociétés ne demandent qu`à travailler ensemble ».
* Le mal algérien, de Jean-Louis Levet et Paul Tolila (Bouquins).
Sansal est allé en Algérie alors qu’il savait parfaitement (ancien haut fonctionnaire) ce qu’il risquait, et cet écrivain quasi inconnu est devenu célèbre. Quant à C Gleizes, il faut être idiot pour rencontrer des gens du MAK et aller en Algérie où ce parti est considéré comme terroriste par le gouvernement. Qu’on ne me dise pas qu’un journaliste ne connaît rien des gens qu’il rencontre. Tous les pays musulmans sont dangereux pour les européens, car leur conception du droit n’est pas la nôtre.
En suivant la logique de ton commentaire Bernard nous en déduisons : « c’est bien fait pour leur gueule ».
Est-ce vraiment aussi simple que ça, que tu le dis et l’écrit. Pas si sûr que ça…
Michel