… une piste d’avenir pour élucider des enquêtes criminelles
Et si le kit ADN que vous avez reçu en cadeau à Noël permettait d’identifier le suspect n° 1 d’un crime ? Voici, résumée en une question, la problématique à laquelle doit se confronter la justice française, et avec elle son ministère, à travers l’interpellation publique adressée par Mes Marine Allali et Didier Seban, les avocats spécialistes des disparitions et crimes non élucidés. Ils ont notamment oeuvré dans les affaires Émile Louis et Michel Fourniret.
Au cours d’une conférence de presse dans leur cabinet parisien, les deux pénalistes ont demandé lundi aux pouvoirs publics d’élargir les techniques d’identification ADN à la « généalogie génétique » dans le cadre des enquêtes criminelles. Avec, à leurs côtés, les frères et soeurs de Sabine Dumont, enlevée il y a 38 ans à Bièvres (Essonne) puis violée et tuée. Son meurtrier court toujours et sa famille porte désormais tous ses espoirs sur cette possibilité.
« Quelque chose de redoutable »
L’idée qu’ils portent, c’est d’autoriser les enquêteurs français à interroger les immenses banques de données des entreprises de l’ADN « récréatif » et d’y appliquer un procédé de recherche portant sur 1300 marqueurs — contre 23 seulement en France. Cette technique, mise en œuvre aux États-Unis par le FBI, permet de trouver l’ascendant d’un individu ayant laissé une trace ADN (sang, sperme…) jusqu’au sixième degré de cousinage.
Une fois cette correspondance établie, un travail de généalogie classique, mené par des enquêteurs, permet d’identifier le membre de la famille qui pourrait être suspecté du crime commis. Outre-Atlantique, plusieurs centaines d’affaires ont ainsi pu être élucidées ces dernières années.
Mais pour qu’une telle avancée puisse voir le jour, il faut changer la loi. Pour l’instant, le Fichier NAtional des Empreintes Génétiques (Fnaeg) n’autorise au mieux que les recherches en parentèle, c’est-à-dire d’une lignée maternelle ou paternelle.
Avec des résultats parfois fastidieux à exploiter, car « il peut y avoir des centaines de personnes qui remontent », explique Me Seban, qui propose de permettre aux juges d’instruction de solliciter les entreprises d’ADN récréatif sans avoir à passer par le FBI, et d’élargir le Fnaeg à l’ensemble des possibilités qu’offre la généalogie génétique.
« Un jour, on aura un nom »
Pour les frères et sœurs de Sabine Dumont, cette technique apporte « énormément d’espoir » pour connaître celui qui leur a enlevé la petite dernière de la famille. Après un premier essai non concluant, leur dossier va repartir au FBI pour une analyse en généalogie génétique, en compagnie de deux autres affaires de viols en série. « C’est comme si tout redémarrait, confie Christine, l’une de ses sœurs. Ça fait 38 ans qu’on attend ». Le nom qui sortira sera peut-être celui d’une personne décédée depuis, ou partie à l’étranger. Gaëlle, une autre sœur de Sabine, n’en est pas encore là : « Un jour, on aura un nom », souffle-t-elle.
Contactés, les services du ministère de la Justice disent s’efforcer « de faciliter l’exécution diligente de toute demande d’entraide pénale internationale adressée par des autorités judiciaires françaises à des autorités étrangères ».
Aurélien Poivret. Le Dauphiné. 01/07/2025
La France est le pays le plus restrictif du monde sur les recherches adn. A tel point que la sécu paie des pma vouées à l’échec faute de test de viabilité et fait naître des milliers d’handicapés faute de pouvoir tester l’adn. La France un pays où les droits de l’homme ont atteint la débilité. Mais nous avons les élus que.nous méritons. Nous conduisons lentement mais sûrement notte pays à la faillite.