Les étudiants en quête d’un toit
La chasse aux studios est ouverte. Après avoir dit oui à une proposition sur Parcoursup, les bacheliers qui vont quitter le nid familial à la rentrée sont déjà en quête d’un toit. Une recherche qui s’annonce ardue, car ils sont en concurrence avec le flot d’étudiants qui veulent déménager pendant l’été.
Mais ce n’est pas la seule épine sur leur chemin, souligne Maëlle Nizan, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), premières organisation étudiante : « Hormis la question du coût des logements, c’est aussi celle de leur disponibilité qui se pose. Car l’augmentation de la population étudiante n’a pas été anticipée dans les villes et l’offre locative est souvent restreinte ».
Petite lueur d’espoir quand même cette année, selon Laëtitia Caron, directrice générale du groupe PAP (Particulier à particulier) : « Les taux ont baissé et les banques ont desserré la vis sur les conditions d’accès au crédit. Du coup, les primo-accédants reviennent progressivement sur le marché de l’achat, ce qui libère des biens ». Une évolution qui contribue à la hausse de 14 % de l’offre locative en un an, selon une étude de PAP parue la semaine dernière.
690 euros pour un 15,8 m2 à Paris
Si Paris demeure la ville qui suscite le plus de convoitises chez les étudiants, d’autres sont très demandées. Selon l’étude de PAP, Marseille, Toulouse, Nice, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Lille, Nantes, Aix-en-Provence et Orléans figurent dans le top 10. « Aujourd’hui, la plupart de ces villes sont en tension parce qu’il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande », note Laëtitia Caron.
Et force est de constater que le prix des loyers continue à peser dans le budget des étudiants : « Le logement reste le premier poste de dépenses des étudiants. Et beaucoup d’entre eux sont obligés de se rabattre sur des résidences privées à des prix exorbitants quand ils ne sont pas contraints à renoncer à certaines études, faute de pouvoir les financer », constate Maëlle Nizan.
Cette année, pour une surface de 15,8 m2 à Paris, il faut compter en moyenne 690 euros de loyer, estime l’étude de PAP. Pour un studio de 24,8 m2 en province, il faudra débourser en moyenne 621 euros et pour un T2 de 41 m2 en moyenne 793 euros.
Quant au logement en résidence universitaire, il y a toujours beaucoup trop de demandes pour peu de places. « On compte un logement Crous pour 17 étudiants et pour quatre boursiers (qui sont prioritaires pour ces logements). Alors que selon notre consultation de 2024, au niveau national, 37 % des étudiants qui n’ont pas de logement dans une résidence universitaire aimeraient en avoir un et même 58 % en Ile-de-France », commente Maëlle Nizan.
Face à ces difficultés pour trouver un toit, les étudiants s’adaptent. « Certains s’orientent vers des villes où le logement est un peu plus abordable, notamment en Seine-Saint-Denis. Un département qui bénéficie aussi d’un effet JO grâce aux aménagements réalisés et au développement des transports », observe Laëtitia Caron.
Avoir son dossier sous le bras pour dégainer le plus vite
« D’autres restent chez leurs parents, quitte à faire deux heures de route par jour. Et certains vont prendre un emploi salarié plusieurs jours par semaine, au risque de fragiliser leurs études », constate Maëlle Nizan.
Pour optimiser ses chances de décrocher un appartement, Laëtitia Caron livre quelques conseils. « Il faut se créer une alerte e-mail et répondre le jour de l’apparition de l’annonce. Sinon, il n’y a aucune chance de le décrocher », estime-t-elle.
Autre point qui fait la différence entre deux candidats : « Le fait d’avoir déjà préparé son dossier en amont et de le joindre à sa candidature. On peut le faire sur le site Dossier Facile, qui garantit aux propriétaires que les pièces ne soient pas falsifiées », recommande-t-elle. Une manière de montrer patte blanche.
Delphine Bancaud. Le Dauphiné. 20/06/2025