… à ceux qui espèrent une gauche « présidentiable »… et gouvernementale…
« Y a une seule tête qui dépasse, Mélenchon ! » Tous nos électeurs de gauche du PS partagent le constat de la centralité du leader de LFI, mais pas pour s’en réjouir. Côté sympathisants socialistes, le triple candidat à la présidentielle fait figure d’épouvantail. « LFI semble être, un objet politique qui fascine autant qu’il répugne », constate Antoine Bristielle, de la Fondation Jean-Jaurès.
Certes, on reconnaît au leader des qualités de tribun, sa combativité, voire une capacité à tracer son chemin vers le pouvoir. Même les panélistes les plus hostiles saluent l’enracinement de son mouvement – « Ils ont remplacé les communistes et socialistes qu’on voyait sur les marchés » – et sa volonté de promouvoir des représentants des catégories populaires. « Les députés insoumis ne viennent pas tous des grandes écoles », note une électrice socialiste.
Mais, cela posé, les reproches pleuvent : « outrancier », « dangereux », « communautariste », « démago »… Preuve que l’image du leader LFI est aujourd’hui très dégradée.
Certes, le chantre de la « révolution citoyenne » avait déjà connu un désamour après sa saillie « la République, c’est moi !» face aux policiers venus perquisitionner le siège de son parti. « Cette fois, c’est pire, souligne Brice Teinturier.
« Des sympathisants LFI disent même « on va à l’échec » à cause du leader. » Ce ne sont pas seulement ses outrances verbales qui lui sont reprochées, mais son rapport à l’autorité et à l’ordre public.
Chez des sympathisants LFI, l’idée s’installe que Mélenchon paralyse toute perspective d’union de la gauche et donc de victoire : « Mélenchon, qui était très bien, est devenu toxique » ; « Si on veut un rassembleur, ce n’est pas lui » ; « C’est un boulet maintenant »…
Les insoumis semblent pourtant penser que « Mélenchon ira de toute façon à la présidentielle en 2027 ».
Mais alors qui pour incarner la gauche ? Personne ne s’impose vraiment.
Très courts extraits d’un article signé de Sylvain Courage et Maël Thierry paru dans le Nl. Obs n° 3168. 12/06/2025