… au cœur de l’affaire Bastien Vivès
La polémique née en 2022 lors du Festival de la BD d’Angoulême sur les ouvrages de Bastien Vivès, accusés de pédopornographie, a abouti à un procès qui va se tenir 27/28 mai 2025 à Nanterre.
Est-ce un juste combat contre la pédopornographie, ou une dérive moralisatrice qui entrave la liberté artistique ?
Le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) sera aux prises, mardi et mercredi, avec les poursuites controversées visant l’auteur de bandes dessinées Bastien Vivès pour ses ouvrages Petit Paul et La Décharge mentale, accusés de promouvoir une vision sexualisée des mineurs.
L’artiste de 41 ans est jugé pour « fixation d’une image à caractère pornographique d’un mineur de 15 ans », et de sa « diffusion en vue de sa transmission ». Ses maisons d’édition, Les Requins marteaux et Glénat, comparaissent avec lui pour « diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique ».
Autant de poursuites qui révulsent Me Richard Malka, l’avocat de Bastien Vivès et de Glénat, qui voit là « un procès de la liberté de création. La liberté d’inventer des histoires qui ne soient pas conformes à la réalité. Sinon, il faudrait mettre en prison tous les auteurs de polars, et tous les réalisateurs de films parce qu’ils montrent des meurtres, des guerres et des viols. » « Ça n’a aucun sens », fulmine le célèbre pénaliste, défenseur entre autres de Charlie Hebdo, qui parle d’une « atteinte abyssale à la liberté d’expression ».
« Dessiner peut donc être un délit »
Publiés en 2018, les deux ouvrages restent trouvables en ligne, mais ils ont été retirés de la vente par les maisons d’édition. « Pour ne pas aggraver la situation », explique Me Malka, fustigeant le parquet de Nanterre qui a décidé en début d’année de poursuivre l’auteur de BD et ses éditeurs devant le tribunal correctionnel alors qu’il avait pris la décision inverse — un classement sans suite — en 2019, après les premières plaintes. Un revirement pour lequel « on n’a eu aucune explication », dénonce le conseil.
Après ce classement sans suite, les associations La Fondation pour l’enfance, Face à l’inceste et Innocence en danger étaient remontées au front en 2022, au moment du Festival d’Angoulême. Évoquant « un contenu pédopornographique cru et explicite » qui entretient « le silence imposé aux enfants victimes d’agressions sexuelles », l’une d’elles, face à l’inceste, estime que « les éditions Glénat et l’association des Requins Marteaux, en diffusant ces messages se font acteurs de la banalisation de ces violences en ce que les bandes dessinées revêtent un caractère humoristique et non contestataire ».
Bastien Vivès devrait être présent mardi et mercredi au tribunal judiciaire de Nanterre. « C’est important pour lui », explique Me Malka. « Je suis un auteur de bandes dessinées, je ne suis pas là pour panser les plaies de la société, œuvrer pour la morale, mais juste pour donner à réfléchir, avait-il écrit sur Instagram en février, lors de son renvoi devant le tribunal. Parfois, c’est réussi, parfois raté ou de mauvais goût, mais je ne savais pas que cela pouvait mener en prison. Dessiner peut donc être un délit ».
Aurélien Poivret. Le Dauphiné. 27/05/2025
La promotion de la pedo pornographie doit être condamnée. Parler d’art à son sujet me paraît hors de sujet
La création artistique Bernard, qu’elle soit en écriture, en peinture, en photographie, en filmographie, a de tout temps existé et ne saurait être condamnable à la lecture des livres de Colette, Lautréamont, Jean Genet, Pierre loti, marquis de Sade, etc. ou les dessins et peintures de Picasso, Dali, Delacroix, Hokusai (entre autres), des films comme « Emmanuel » ou le « dernier tango à Paris »… et certain, dans leur temps, étaient décriés, voire interdits, mais aujourd’hui, ils sont souvent recommandés à la connaissance de tous. Que dire alors de l’album de BD « le déclic » de Manara ou des dessins-peintures de Enki Bilal (bilhal pas le transgenre).
amitiés. Michel