Préférence nationale…

haine de l’Algérie, mariage avec des étrangers…

  • Interdiction du mariage des étrangers le lundi,
  • débat sur l’immigration algérienne le mardi,
  • haro sur les prestations sociales le mercredi…

L’ordre du jour du Sénat ressemble désormais à une émission de CNews. « Les Républicains », presque majoritaires avec 131 des 348 parlementaires, y font la pluie et jamais le beau temps.
Propositions de loi anti-écologistes, liberticides, identitaires, anti-immigrés se succèdent.

« On assiste à une forte droitisation des textes proposés, déplore une sénatrice.
La droite lâche la bride sur tous les sujets. Elle est à l’offensive sur les questions migratoires et sécuritaires. » La tripartition de la vie politique, avec un exécutif minoritaire à l’Assemblée nationale, accentue le phénomène.

« En l’absence de projets de loi déposés par le gouvernement, il n’y a pas de textes structurants qui nous font travailler sur le fond », explique la sénatrice de la Loire. Alors, c’est un boulevard pour des lois répondant aux obsessions de la droite. Or, jusqu’alors, si de tels textes pouvaient être adoptés, ils n’étaient pas inscrits, ensuite, à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Droitisation des deux chambres

Désormais, on assiste à une droitisation des deux chambres. Une proposition de loi du député LR Philippe Gosselin remettant en cause le droit du sol à Mayotte, en durcissant les conditions d’accès à la nationalité, a ainsi été approuvée définitivement le 8 avril, après avoir été votée par l’Assemblée nationale en février et au Sénat le 25 mars. Les macronistes, alliés à LR au sein du socle commun, ont cessé d’être les garde-fous de la dérive identitaire.

Depuis le début d’année, c’est un festival. Le 4 mars, les sénateurs dénonçaient les accords franco-algériens de 1968. Le 20 février, ils adoptaient une proposition de loi du sénateur Stéphane Demilly (Union centriste) visant à interdire les mariages quand un époux est en situation irrégulière. Le 18 mars, 220 sénateurs votaient un texte de Valérie Boyer (LR) créant une condition de durée de résidence pour le versement de certaines prestations sociales.

« Beaucoup de dispositions qui avaient été retoquées par le Conseil constitutionnel lors de l’examen de la loi immigration (le 25 janvier 2024 – NDLR) sont revenues », déplore l’écologiste Thomas Dossus. C’est le cas des deux textes cités plus haut. « Celui sur l’attente sur le territoire national avant de toucher certaines allocations non contributives met en place une préférence nationale », alerte le sénateur du Rhône. Il y a un an, le délai de cinq ans avait été censuré par le Conseil constitutionnel, aussi ont-ils « amené ce délai à deux ans. Ils testent les limites ».

« Quand on est parlementaire, on peut faire des erreurs d’appréciation constitutionnelle, mais si le principe c’est “on s’en moque, on dit ce que veut entendre le peuple”, cela traduit un climat d’illibéralisme manifeste », dénonce Patrick Kanner, président des sénateurs PS, qui rappelle « la déclaration du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lors de sa prise de fonction sur l’État de droit, qui ne serait “ni intangible, ni sacré” ». Si le Conseil constitutionnel bloque leur texte, la rhétorique LR est prête : ils diront que « cela empêche l’expression de la volonté populaire », soupire encore Patrick Kanner, inquiet de la « tournure que prend la Chambre des sages ».

Au Sénat, les conservateurs ont un modèle : Bruno Retailleau, ex-patron du groupe LR devenu l’outrancier ministre de l’Intérieur du gouvernement Bayrou. « Depuis qu’il est à l’Intérieur, il a transformé le Sénat en caisse de résonance », estime Thomas Dossus, qui y voit là une stratégie de « la fenêtre d’Overtone » : surenchérir toujours davantage, pour que le débat public « s’ouvre » aux thèses d’extrême droite.

« Il est clair que Bruno Retailleau, du fait de ses ambitions présidentielles, pèse sur le contenu des débats », confirme Patrick Kanner.


Gaël De Santis. Source (Abonné)  


Une réflexion sur “Préférence nationale…

  1. bernarddominik 16/04/2025 / 10h00

    Le droit du sol est incompatible avec une politique d’ouverture des emplois aux étrangers. A Mayotte l’île est surpeuplée, on ne peut pas tirer des tuyaux depuis la France pour y emmener de l’eau, la seule solution c’est le retour des immigrés dans leurs îles, ou rendre Mayotte aux Comores ce qui résoudra le problème. La gauche idéaliste se refuse à compter. Elle se refuse à regarder l’évidence que tout terroir à des limites, déjà on importe 30% de la nourriture consommée, ce qui met en péril l’indépendance de notre pays. Mais comme nous avons des élus qui ne savent pas compter ils nous élaborent des lois qui ne résolvent rien.

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