… ENCORE ET ENCORE !
D’après une étude de la Drees parue ce jeudi 27/03/2025, les ruptures de stock ont connu une augmentation « sans précédent » de 2021 à 2023. Si le phénomène a reflué depuis, il reste important et concerne toutes les classes thérapeutiques. En ce début 2025, c’est la quiétapine, un antipsychotique indiqué dans le traitement de la schizophrénie et des troubles bipolaires, qui est devenue introuvable.
- 800 médicaments simultanément en rupture au pic de l’hiver 2022-2023
Publiée ce jeudi, une étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) portant sur les ruptures de stock de médicaments vendus en officine, réalisée en collaboration avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), évoque une « augmentation sans précédent » du phénomène, notamment de 2021 à 2023.
Au pic de l’hiver 2022-2023, 800 médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) – pour lesquels une interruption de traitement est susceptible de mettre en jeu le pronostic vital des patients, selon le Code de la santé publique – ont été simultanément en rupture de stock. Si, fin 2024, le nombre de médicaments en tension est deux fois moins important, il reste à « un niveau historiquement élevé ».
- Un nombre de déclarations de rupture de stock multiplié par trois en cinq ans
Depuis 2016, lorsqu’un MITM (8 000 médicaments sur les 12 000 commercialisés en France) fait l’objet d’une rupture de stock, le laboratoire exploitant a l’obligation d’en informer l’ANSM. « Entre 2017 et 2022, le nombre de déclarations a été multiplié par trois. En 2024, le nombre de ruptures déclarées est en forte baisse, mais reste beaucoup plus élevé qu’en 2017 », note l’étude.
- Les risques de rupture de stock également en forte progression
Depuis 2020, les risques de ruptures de stock font également l’objet d’une déclaration. Environ 1 500 risques de ruptures ont été déclarés à l’ANSM en 2020 et 1 250 en 2021. Leur nombre s’envole en 2022 (2 200) ainsi qu’en 2023 (3 370) avant de baisser légèrement en 2024 (2 909). « Au plus haut des périodes de tensions, un tiers du marché des MITM était concerné », résume Gladys Baudet, data scientist à la Drees et coautrice de l’étude. Conséquences de ces tensions, « les dispensations de médicaments aux patients ont chuté de 30 % entre 2022 et 2023 ».
- Aucune classe thérapeutique n’échappe à la vague des ruptures de stock
Aucune classe thérapeutique de médicaments n’a été épargnée par la vague de ruptures de stock. Mais quatre d’entre elles concentrent les trois quarts des déclarations : les médicaments du système cardio-vasculaire, du système nerveux, les antibiotiques et les médicaments du système digestifs. « Si la situation s’améliore pour certaines catégories, elle reste critique pour d’autres », relève Clément Dherbecourt, coauteur de l’étude. D’autant qu’il existe « peu d’alternatives médicamenteuses disponibles ».
- Des causes multifactorielles et mondiales
Selon la Drees, le problème des pénuries « s’est fortement amplifié avec la crise sanitaire et la guerre en Ukraine ». « Le phénomène n’est pas franco-français, il affecte le marché mondial », a rappelé Fabrice Lenglart, le directeur de la Drees. « Dans 10 % des déclarations seulement, la rupture de stock est liée à un problème de matière première. Les causes sont généralement liées à des problématiques plus générales, comme la chaîne de production et une demande en hausse. »
Quant à savoir quelle sera l’évolution du phénomène, la directrice de l’ANSM, Catherine Paugam-Burtz, se veut prudente. « La mise en place des stocks obligatoires et les inspections permettent d’anticiper mieux, mais nous restons extrêmement prudents. »
Alexandra Chaignon. L’Humanité. Source
En Inde ils ont une solution efficace: en cas de rupture la fabrication est confiée à un autre laboratoire et cela même si la fabrication est couverte par un brevet.