Ce populisme anti-juges…

qui gagne chaque jour, du terrain !

Elle monte, elle monte, la petite musique anti-juges. Elle devient même assourdissante à mesure que le bruit de fond autoritaire s’impose toujours plus dans nos démocraties. Alors que les extrêmes droites au pouvoir harcèlent ouvertement la justice, comme en Hongrie et en Italie, que Donald Trump livre une guerre sans merci aux juges américains, et qu’en Israël Benyamin Netanyahou cherche à destituer la plus haute représentante du parquet, la contestation de la justice prend partout de l’ampleur.

En France aussi.

Plus une semaine sans qu’une décision judiciaire ne soit conspuée sur les plateaux de télé, sans que le nom d’un magistrat ne soit jeté en pâture sur les réseaux sociaux, sans que des menaces ne soient proférées dans les tribunaux.

L’idée que la justice soit rendue au nom du peuple français, et non pas contre lui, semble reculer. Nourri par la détestation des élites et la démagogie de nos politiques, le populisme anti-juges gagne inexorablement du terrain.

On pourrait hausser les épaules, se dire que ces attaques ne se distinguent guère de celles que subissent les autres institutions. Ce serait méconnaître le rôle de vigie et de garant de l’Etat de droit qu’exerce notre ordre judiciaire. Contester le bien-fondé du travail des juges au nom de la souveraineté populaire, c’est en effet saper la séparation des pouvoirs – l’un des piliers de notre démocratie –, c’est prétendre que l’élection prime sur toute autre légitimité, c’est favoriser la loi du plus fort.

Bien sûr, la confrontation entre les juges et le personnel politique n’est pas nouvelle, elle existe depuis que la justice s’est engagée dans la lutte pour l’assainissement de la vie publique, il y a plus de trente ans. Les politiques ont répliqué en inventant le concept fumeux de « gouvernement des juges », pour mieux délégitimer l’action de la justice.

Pourtant les magistrats, recrutés et formés par la nation, ne s’autorisent en rien de leur propre pouvoir. Leur mission est d’appliquer le droit, qui découle des lois votées par la représentation nationale.

Appliquer la loi, ce sera précisément tout l’enjeu du jugement que s’apprête à prononcer le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN). Tous les yeux sont tournés vers les trois magistrats qui ont la lourde charge de trancher ce dossier de détournement de fonds publics, pour lequel Marine Le Pen risque une peine d’inéligibilité immédiatement exécutoire – disposition qui devrait l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2027.


Extraits de l’éditorial de Cécile Prieur. Le Nlle Obs. Source


Une réflexion sur “Ce populisme anti-juges…

  1. bernarddominik 28/03/2025 / 11h20

    Les juges ne sont pas responsables de leurs décisions. Ça facilite grandement leur rôle. L’argent est devenu le moteur de la justice, sans argent on n’obtient jamais justice: un appel c’est 5000€ cash à payer de suite. Ils préfèrent la forme au fond. Et donc on libère des criminels qui s’empressent de recommencer, et on re rend pas justice aux victimes. La justice française est une honte.

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