Là, « pas d’ça messieurs » !

… ou l’art de ne se mettre personne à dos…

Pour Rachida Dati, la ministre de la Culture, la gestion du musée des Arts décoratifs (MAD) est un dossier hautement sensible.

Les inspecteurs généraux des Affaires culturelles ont caviardé des passages d’un rapport sur les « risques de conflit d’intérêts » concernant LVMH, Hermès et d’autres industriels du luxe.

En octobre 2024, l’Inspection générale reçoit une demande d’enquête sur les tensions importantes au sein de la direction du MAD, qui frôle la paralysie.
A cette occasion, les inspecteurs découvrent que les Arts déco sont un nid à conflits d’intérêts, en raison de leurs liens avec leurs mécènes.

  • En 2019, Pierre-Alexis Dumas, alors président du MAD et copropriétaire de la maison Hermès, confie ainsi l’organisation d’une exposition sur le designer Gio Ponti à… sa femme.
    Léger détail : celle-ci est apparentée à l’artiste, lequel a longtemps collaboré avec l’entreprise familiale de madame, l’argentier Christofle !
  • Rebelote en 2023, quand une nouvelle expo sur le sport met « en exergue la marque Lacoste », propriété de la famille d’un membre du bureau du conseil d’administration du musée.
  • D’autres expositions ont, semble-t-il, donné lieu à « des interférences préoccupantes » avec le petit monde des galeries d’art.
  • Le cas de Bernard Arnault a particulièrement intrigué l’Inspection.

À la direction du MAD, le milliardaire est représenté par son conseiller spécial, Jean-Paul Claverie. Mais les contrôleurs soupçonnent Arnault de chercher avant tout à siphonner le savoir-faire et les moyens d’influence des Arts déco, qui risquent de concurrencer sa propre fondation, installée dans le bois de Boulogne.

A l’appui de leur raisonnement, ces mauvais coucheurs relèvent que l’équipe d’Arnault ne verse qu’une aumône de quelques centaines d’euros par an pour financer le MAD, quand d’autres groupes en lâchent chaque année plusieurs centaines de milliers.
L’Inspection des Affaires culturelles fait remarquer « la faiblesse des contributions financières de l’intéressé et du groupe peut, en effet, conduire à s’interroger ».

Dati est intervenue pour censurer des phrases pouvant constituer un crime de lèse-majesté, concernant des mécènes qui utilisent leurs contributions financières considérables pour réduire leur fiscalité tout en maximisant les profits de leurs entreprises.

Ces mécènes, souvent issus de milieux d’affaires influents, exploitent habilement le système fiscal afin de transformer leurs dons stratégiques en véritables atouts financiers.
Cela soulève des questions éthiques sur l’intégrité des pratiques philanthropiques et l’impact que ces actions peuvent avoir sur le financement des initiatives publiques essentielles. Les conséquences entraînant un effet domino affectant la perception du public face à la responsabilité sociétale des entreprises.


Reformulation d’un article People paru récemment. MC


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