… est-ce l’ultime liberté ?
La liberté absolue a permis par le passé de nier la Shoah comme elle permet maintenant de nier les bouleversements climatiques ou de répandre de fausses informations sur l’apparition de certaines pandémies, ainsi qu’on l’a vues lors de l’épidémie du covid-19.
Cette interprétation du premier amendement de la Constitution nord-américaine, baptisé aussi « freedom of speech » ou « free speech », sert donc de paravent au négationnisme.
Cette menace rôde autour de nos esprits, pénètre désormais dans les salles à manger de nos concitoyens à qui on fait confondre pluralité de chaînes de télévision avec pluralisme d’approche de l’information et du traitement des événements.
La liberté d’expression, la liberté de communiquer ses idées et opinions, et la liberté de la presse sont en France consacrées par de grands textes : l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui énonce que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
Les lois sur la liberté de la presse de 1819 et, surtout, la loi du 29 juillet 1881 règlent intelligemment ces libertés. Elles se combinent avec les grandes lois sur les associations et avec la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Ce corpus de droits qu’il faut sans cesse protéger et défendre affirme nettement qu’aucune liberté n’est absolue, comme le précise la fin de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. On n’a pas le droit de calomnier ou d’injurier, d’inciter à la haine raciale ou religieuse, de tenir des propos antisémites, racistes, xénophobes ou homophobes, d’appeler à la violence physique contre les individus, de faire l’apologie des crimes de guerre ni des crimes contre l’humanité.
C’est loin du principe du « free speech » nord-américain qui, tout en étant d’interprétation flexible, ouvre la voie à toutes les insultes, à tous les mensonges, à toutes les négations, à tous les racismes, à toutes les misogynies.
C’est cette prétendue liberté qui a permis à Trump – qui, selon le Washington Post, a prononcé 30 373 fausses affirmations durant son premier mandat – de répéter que les Haïtiens « mangeaient des chiens et des chats » ou d’accuser le gouverneur de Californie d’avoir refusé de signer la « déclaration de restauration de l’eau » pour combattre les incendies qui ont ravagé Los Angeles. Or, une telle déclaration n’existe pas aux États-Unis.
Le duo Trump-Musk et leurs 11 milliardaires qui occupent le pouvoir à Washington ont construit la conquête du pouvoir et aujourd’hui leur domination sur le mensonge, la violence, la manipulation, le chantage, le cynisme, le sexisme, le racisme, la détestation du droit.
Leur interprétation de cette liberté d’expression absolue, ou « free speech », leur permet de se désinhiber pour rendre l’impérialisme américain encore plus dominateur, plus exploiteur, plus colonial. Cette prétendue liberté sans restriction revient à prôner le recours à la violence, le retour à l’état sauvage, à la loi du plus fort, c’est-à-dire au plus riche.
Le faux, mis en compétition avec le vrai, laisse de toute façon des traces, des doutes, des repères sectionnés derrière les petits écrans des téléphones portables s’il n’y a pas de journalistes, pas de presse d’information pour établir les faits et organiser autour d’eux le débat, la réflexion, la mise à nu des complexités. Sans le regard, sans la prise en compte des faits, aucune discussion n’est possible, aucune opinion autre que celles que portent les simplismes de l’extrémisme n’est fondée.
L’utilité sociale des journalistes et de la presse est donc fondamentale.
Leurs techniques d’enquêtes, le recoupement des informations, la précision des sources, la recherche d’éléments contradictoires sont une œuvre d’intérêt public pour la démocratie et la citoyenneté.
Ce n’est pas un hasard si les journalistes, les scientifiques, les historiens, les juges sont les professions les plus exposées aux menaces des extrêmes droites aux États-Unis, mais aussi en Hongrie ou en Italie comme en France.
Ce sont désormais des professions de plus en plus vilipendées par les droites, comme on le voit dans les procès Sarkozy. Lors de meurtres ou de tentatives de meurtre, ce sont les magistrats, de hauts fonctionnaires, voire des services de santé, qui sont mis en cause par les compétiteurs de la réaction qui défilent sur les écrans.
Article inspiré de la lettre de Patrick Le Hyaric du 30 /01/2025
On critique la liberté de tout dire, mais sans cette liberté c’est celle de tout cacher qui prend le dessus. Prenons l’exemple du réchauffement climatique, la théorie officielle tenue pour la seule vérité commence à se révéler bien simpliste, et nos savants ne sont plus tellement certains des conséquences ni des causes. Il y a eu les certitudes face au covid19, elles aussi bien fragiles. Il est facile de traiter de complotistes ceux qui critiquent ces doxas officielles, mais sans ces complotistes bien des vérités seraient restées cachées
La vérité n’est peut-être pas facile à trouver, pas facile à dire parfois …mais en tous cas, si l’erreur est humaine, le questionnement nécessaire, le mensonge volontaire est inexcusable et le copié-collé une négligeance grave.