Que nous révèlent les archives climatiques ?

Comment sait-on que le climat actuel est le plus chaud depuis au moins 120 000 ans ?

« Quand on veut connaître les climats du passé, on cherche une « archive » quia enregistré les variations de température », explique à l’AFP le paléo-climatologue Étienne Legrain. Ainsi, les carottes sédimentaires marines, composées des sédiments qui tombent au fond des océans, « sont remplies de bestioles — les foraminifères — qui enregistrent dans leur coquille les températures du moment où elles vivaient ».

Le scientifique de l’Université libre de Bruxelles explique qu’il existe des carottes de glace qui permettent de mesurer la température de la glace à différentes profondeurs, ce qui est crucial pour comprendre le climat ancien de notre planète. Notamment, une méthode consiste à forer un trou jusqu’à 3 km dans la glace, où plus on descend, plus on remonte dans le temps, permettant ainsi de lire la température qui a prévalu à l’époque de la formation de la glace.
Cette approche fournit des informations précieuses sur les variations climatiques au fil des millénaires. Une autre méthode, tout aussi fascinante, consiste à analyser le poids d’une molécule de glace. En pesant cette molécule, les scientifiques peuvent déterminer la température exacte au moment où la glace s’est déposée, offrant ainsi un aperçu détaillé des conditions environnementales passées et des changements climatiques qui ont eu lieu au cours des âges géologiques. Ces techniques de carottage de glace jouent un rôle essentiel dans nos efforts pour comprendre et anticiper les tendances climatiques futures.

Attention aux raccourcis

Conclusion, selon le Giec : les températures mondiales de la dernière décennie (2011-2020), environ 1,1°C plus chaudes que la période 1850-1900, « ont dépassé celles de la plus récente période chaude multiséculaire » d’il y a environ 6 500 ans, qui était seulement 0,2 à 1°C plus chaude que l’époque préindustrielle.

« Avant cela, la plus récente période chaude remonte à approximativement 125 000 ans, lorsque la température pluriséculaire (0,5°C à 1,5°C par rapport à 1850-1900) chevauche les observations de la décennie » écoulée, écrivent les climatologues mandatés par l’ONU.

« Ce qui est certain, si l’on reste sur les trajectoires d’émissions de gaz a effet de serre actuelles, c’est que le climat attendu à la fin du siècle sera le plus chaud depuis au moins 800 000 ans », avertit Étienne Legrain.

Mais attention, avertit la Paléo-Climatologue Maria Sanchez Goni : avec les archives climatiques, « il est difficile d’obtenir des températures moyennes à l’échelle mondiale […] et encore plus difficile de les avoir année par année ».

Quand on parle de climat, il s’agit de moyennes sur au moins une décennie.
Avec ces incertitudes, même dans le climat moins chaud d’il y a 6 500 ans, « il n’est pas impossible qu’une année seule ait été aussi chaude que 2024 ».


D’après plusieurs médias. MC


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