Qui…

… ne verra pas la destruction d’un État à travers les propos de Donald Trump sur la transformation de Gaza en destination touristique, prétendant ainsi offrir un avenir radieux, tout en expulsant les Palestiniens, dont les vies et les droits fondamentaux sont négligés dans ce discours ?
Oui, l’histoire se répète d’une manière troublante, mais doit-on vraiment rester les bras croisés et laisser faire ces décisions qui risquent d’aggraver la souffrance des populations locales ?
Il est impératif de réfléchir aux conséquences de telles affirmations et de se demander si l’indifférence face à ces questions éthiques est acceptable. MC


Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche Donald Trump avec, à ses côtés, Benyamin Netanyahou (plus comblé et souriant que jamais – lui pourtant recherché par la CEJ), le président étatsunien a affirmé : « Les États-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza et nous allons faire du bon boulot avec », parlant du territoire palestinien comme d’un « chantier de démolition ».
Il a également ajouté : « Nous en prendrons possession et serons responsables du démantèlement de toutes les bombes dangereuses qui n’ont pas explosé et de toutes les armes », soulignant qu’il allait ainsi « aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits », afin de développer économiquement le territoire palestinien.

Il n’a pas développé plus avant la manière dont il comptait s’y prendre. « En ce qui concerne Gaza, nous ferons ce qui est nécessaire. Si c’est nécessaire, nous le ferons », a-t-il cru bon d’insister. Il a également parlé d’un projet « à long terme » et a même affirmé que d’autres pays de la région ont « adoré » l’idée.

En réalité, aucun État, pas même les plus proches alliés de Washington, n’a adoubé les plans de Donald Trump qui a annoncé vouloir se rendre dans la bande de Gaza, en Arabie saoudite et en Israël prochainement.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a appelé mercredi à une reconstruction rapide de la bande de Gaza, sans déplacement de ses habitants.

La Jordanie est sur la même longueur d’onde. Alors que Benyamin Netanyahou a dit penser qu’un accord allait « se faire », Riyad a écarté toute normalisation avec Tel-Aviv sans la création d’un État palestinien : « L’Arabie saoudite poursuivra sans répit ses efforts pour l’établissement d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, et n’établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela. »

Dans la ville de Gaza, les déclarations de Trump ont été reçues avec colère. « Cela fait environ un an et demi que nous vivons une guerre d’extermination, mais nous n’avons jamais pensé à partir et à quitter notre pays », explique Narmeen Noor Al Din, une enseignante de 26 ans.
Même son de cloche pour Abou Saadi Al-Daadla, 60 ans, un marchand dont la maison a été détruite. « C’est la troisième fois qu’on essaie de nous expulser, en 1948, puis en 2023. Mais nous avons compris la leçon, nous ne partirons pas. » Hussein Abdel al Jawwad, au chômage, confirme mais redoute que « Trump ait la capacité de faire pression sur les pays arabes pour les amener à accepter d’accueillir les habitants de la bande de Gaza ».

De leur côté, les autorités israéliennes jubilent. Pour Netanyahou, cette proposition pourrait « changer l’histoire ». Son ministre des Finances, le suprémaciste juif, comme il se définit lui-même, Bezalel Smotrich, appelle à « œuvrer pour enterrer définitivement (…) l’idée dangereuse d’un État palestinien » et Itamar Ben-Gvir, ancien ministre d’extrême droite, y voit « la seule solution ».

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), elle, par la voix de son secrétaire général, Hussein Al Cheikh, rejette en bloc tout projet de transfert « du peuple palestinien hors de sa patrie. Ici nous sommes nés, ici nous avons vécu et ici nous resterons ».

Pour le Hamas, la proposition de Trump est une « recette pour créer le chaos et la tension dans la région. Au lieu de tenir l’occupation sioniste responsable du crime de génocide et de déplacement, elle est récompensée, et non punie ».

Comment Washington entend contraindre le monde – et en premier lieu les pays arabes – à courber l’échine ? Un bras de fer va s’engager dont on pressent qu’un des leviers sera l’aide économique dont ont besoin Amman et Le Caire, en situation précaire. Ces deux pays risquent d’être déstabilisés et les pouvoirs affaiblis, l’opinion publique n’étant pas prête à abandonner les Palestiniens. Les groupes islamistes, particulièrement influents tant en Jordanie qu’en Égypte, se renforceront sans aucun doute.


D’après Pierre Barbancey. Source (extraits) 


4 réflexions sur “Qui…

  1. bernarddominik 07/02/2025 / 12h04

    En supprimant usaid Trump montre sa volonté de retirer les usa de l’humanitaire alors Gaza devient une opportunité de faire du fric alors que c’était jusqu’alors un lieu de dépenses humanitaires.

  2. Laplume 07/02/2025 / 13h52

    On s’en souvient, Madame la Présidente de ‘l’Assemblée nationale avait fait part, le 10 octobre 2024 au Perchoir de l’Assemblée comme lors du déplacement qu’elle a effectué sur place quinze jours, en Israël, après les faits, de son «soutien inconditionnel» à Israël dans son droit à se défendre .
    Mme Braun-Pivert, Présidente de l’assemblée nationale.
    Même si cette Présidente avait voulu minimiser ce propos en disant que ce n’était nullement un soutien à M.Netayou.
    M.Trump est depuis longtemps un soutien inconditionnel. C’est ainsi que le Président américain a transféré l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.
    Faisant de Jérusalem la capitale de l’état Hébreu.
    RBlaplume

  3. Danielle ROLLAT TATCHOU 92 09/02/2025 / 19h42

    Nausée… les Gazaouis seraient-ils des sous hommes, n’ayant pas droit de vivre en paix depuis près de 80 ans ?
    Je n’oublie pas en particulier, les souffrances de Salah HAMOURI, Avocat Franco-Palestinien, Citoyen de Jérusalem est, emprisonné à différentes reprises, dans des conditions difficiles, privé de visite de son épouse, de ses enfants.. indésirable dans son pays natal.. quel soutien de la France ?

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