À l’exception de LCL, la seule des grandes banques françaises ayant constaté en 2024 un résultat diminué [ce qui ne sous-entend pas, afficher un déficit]. Toutes les autres banques françaises ont réalisé des performances qualifiées par leurs présidents de « satisfaisantes » ou de « très satisfaisantes », sans plus.
Voui, voui, ben voyons ça
Les chiffres auraient pourtant dû leur fournir une occasion de se féliciter pour leur excellente gestion durant un exercice où la croissance de l’économie française a à peine dépassé 1 %.
En 2024, le Crédit agricole a vu ses bénéfices croître de 11,6 %, la BPCE de 26 %, la Société générale de 69 %, et BNP Paribas a frôlé la barre des 12 milliards d’euros de résultat net.
Toutefois, cette crise de pudeur n’a rien d’innocent, car elle reflète une inquiétude sous-jacente parmi les acteurs du secteur. La même semaine où ces données étaient rendues publiques, d’autres chiffres étaient communiqués et avaient de quoi crisper les clients desdites banques.
Cette année, selon les calculs de l’association nationale de défense des consommateurs et usagers, la CLCV, les frais bancaires vont subir une hausse comprise entre 3 et 5 % dans 90 % des établissements. Et ce alors qu’en 2024, la hausse des prix à la consommation en moyenne annuelle a été limitée à 2 %, selon l’Insee, ce qui soulève des questions sur la transparence et l’éthique de ces augmentations tarifaires.
Pour parvenir à ces calculs, la CLCV a pris en compte l’augmentation des coûts de deux services auxquels aucun client ne peut échapper. À savoir les frais de tenue de compte (+ 8 %) et les cotisations liées aux cartes bancaires (+ 3,4 % en moyenne).
Résultat : ce sont les petits consommateurs — les plus nombreux — qui vont subir la plus forte hausse de la facture que leur banque va leur imputer chaque mois. Cette hausse préjudiciable va atteindre en moyenne + 5,46 %.
Presque trois fois plus que l’inflation prévue par la loi de finances !
Cette situation met en lumière la nécessité d’un examen approfondi des pratiques tarifaires des banques, car les clients, en particulier ceux à revenu modeste, se retrouvent dans une position vulnérable face à des hausses jugées abusives qui mettent à mal leur pouvoir d’achat dans un contexte économique déjà difficile.
Le consommateur moyen, avec 5,29 %, ne sera guère mieux traité. Ce ne sera pas le cas, en revanche, du gros consommateur. C’est-à-dire d’un client qui a un compte commun avec son épouse, dispose d’une carte Gold à paiement différé, réalise parfois des opérations à l’étranger avec cette carte, a autorisé plus de 12 prélèvements mensuels sur son compte et a effectué des retraits en dehors du réseau de sa banque. Le pourcentage de hausse sera beaucoup plus limité : seulement 3,88 % en moyenne.
Article rédigé d’après CLCV entre autres – Recherche internet.