En allemand, cela s’appelle une schadenfreude, une joie mauvaise, que l’on percevait jeudi à la lecture des médias d’outre-Rhin. Le site de l’hebdomadaire Die Zeit (social-démocrate) titrait : « La France n’est pas la Grèce, mais… », avant de souligner que « la France est désormais le pays le plus endetté de l’UE ».
Le quotidien de la droite populaire Bild Zeitung était sur le même registre en s’interrogeant : « La France peut-elle faire faillite ? »
La réponse est heureusement « non », selon un expert de la Commerzbank.
La question suivante est moins rassurante : « L’euro peut-il vaciller ? »
Si la France ne règle pas son problème budgétaire, la BCE devra garder des taux bas, donc laisser repartir l’inflation, explique Bild. Et « ce sont tous les pays de la zone euro qui paient la facture au final, et tout particulièrement les épargnants, dont la hausse des prix grignote insidieusement le patrimoine ». Que les épargnants allemands paient pour les déficits français relève de l’horreur absolue.
L’escapade latino d’Ursula L’aspect financier retient aussi l’attention du quotidien espagnol conservateur El Mundo. Il titre sur la « zozobra » (l’effondrement) économique « qui a plongé Paris dans le gouffre ». Car c’est bien dans l’économie, que « la crise politique majeure que traverse la France trouve son origine ». Un zeste de réconfort a été dispensé par la Commission européenne. « Nous suivons de très près ce qu’il se passe en France », a convenu son porte-parole, avant de souligner « pour l’instant un effet économique contenu et limité ».
Mais dans le même temps, sa présidente Ursula von der Leyen s’envolait pour Montevideo en vue de signer l’accord de libre-échange du Mercosur. L’Élysée pouvait bien menacer en pointant « le risque » qu’elle prend à signer — elle postait sur X : « La ligne d’arrivée de l’accord UE-Mercosur est en vue. Franchissons-la ! »
Dans la soirée, Rome, qui était favorable à cet accord, a finalement indiqué que « les conditions ne sont pas réunies » pour le signer.
La nature a horreur du vide
Une signature ce vendredi scellerait l’affaiblissement de la France en Europe. Celui-ci est confirmé par le déplacement à Rome, où était prévu jeudi Michel Barnier, du Premier ministre hongrois Viktor Orban.
Au menu de ses discussions avec la présidente du conseil des ministres Giorgia Meloni, le projet de constituer ensemble un « pont » entre les États-Unis de Donald Trump et l’Union européenne — rôle qu’en 2017, le fraîchement élu Emmanuel Macron avait prétendu s’arroger d’une très virile poignée de main avec le président américain.
Ces deux pays ne sont d’ailleurs pas seuls à espérer exploiter « le chaos » français, pour citer le quotidien polonais Rzeczpospolita : les problèmes internes de la France et de l’Allemagne « ouvrent de nouvelles opportunités aux autres pays de l’Union », ce qui représente « une chance pour la Pologne ».
Le prochain Premier ministre français est prévenu, la France n’est plus la « Grande nation » de l’Europe.
Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. 06/12/2024
Il ne faut pas dire de bétise: les allemands ne paieront pas pour régler nos dettes. Le déficit abusif fait monter les taux d’emprunt de la France il affaiblit aussi l’euro, mais les allemands dont la balance commerciale fléchit ne sont pas mécontents de cette baisse qui rend leurs produits plus compétitifs tout en accusant la France. Le vrai problème c’est que pour ne pas être aux mains des financiers il faut régler rapidement ce problème de déficit et commencer à rembourser le capital. C’est la seule issue pour ne pas passer sous les fourches caudines des financiers . Et je suis surpris combien les français et de nombreux partis n’ont pas pris la mesure du problème. Les fonctionnaires les chômeurs les titulaires du rsa et les retraités seront les premiers à payer un redressement dicté par les financiers.