Une fois n’est pas coutume, la gauche et le gouvernement ont tous deux fustigé, ce samedi 26 octobre 2024, une proposition du Rassemblement national visant à pénaliser les associations qui viennent en aide aux étrangers en situation irrégulière en France.
Plus précisément, le député Frédéric-Pierre Vos a défendu un amendement au budget visant à soumettre à la TVA les « associations pro migrants », et celles qui encouragent des « troubles à l’ordre public », en les excluant « du bénéfice de l’article 261 du code général des impôts. » Ceci, a-t-il expliqué, pour « que l’on ait un suivi de leur activité. »
Une proposition qui a suscité la colère d’Éric Coquerel, puis de Laurent Saint-Martin. « Qui vise monsieur Vos ? Il vise notamment les associations qui suppléent l’État dans le fait d’assurer les droits fondamentaux d’étrangers qui ne bénéficient pas de centre d’accueil et à qui ils apportent simplement nourriture, santé et de quoi se revêtir », a d’abord résumé le président (LFI) de la commission des Finances, avant de pointer le « paradoxe » du parti d’extrême droite.
« Votre rassemblement propose une TVA réduite pour aider les animaux abandonnés. Mais par contre, par rapport à des humains, nos frères et sœurs d’humanité, vous considérez que les mêmes associations devraient être pénalisées », et de conclure, sous les applaudissements de la gauche et du centre : « Si on devait résumer le Rassemblement national, on ne ferait pas mieux que votre amendement. »
Quelques secondes plus tard, c’est le socialiste Paul Christophle qui a ironiquement « remercié » ses collègues d’extrême droite pour leur « crédibilité financière » après avoir « trouvé cette économie d’un ou deux millions ». Et de conclure : « on ne pouvait pas passer une après-midi sans un amendement scélérat de votre groupe. »
Anthony Berthelier et Héloïse Bauchet. Huffington Post. Source (Extraits)