… critiquent les associations
L’absence de mention des personnes âgées du discours de politique générale a été très remarquée par les organisations médico-sociales. Elles demandent un calendrier pour la loi de programmation grand âge et des mesures précises sur le handicap.
Les principales organisations du monde de la santé ont salué les annonces du nouveau Premier ministre Michel Barnier à l’occasion de son discours de politique générale le 1er octobre, mais déploré le peu de précisions apportées, reflet de son absence de majorité à l’Assemblée nationale. L’Uniopss a par exemple souligné des « avancées » comme « des impasses regrettables« , ainsi qu’un « manque des politiques structurelles attendues dans le champ des solidarités« .
L’absence de mention des personnes âgées a été particulièrement critiquée. « C’est un discours réaliste avec un abonné absent : le secteur du grand âge« , a estimé la Fehap. De la même façon, l’AD-PA regrette que le Premier ministre « n’ait pas jugé utile d’évoquer le sort des personnes âgées vulnérables et des professionnels qui les accompagnent« . Le devenir de la loi de programmation sur le grand âge, prévue au 31 décembre 2024 dernier délai par la loi Bien vieillir, est une autre source d’interrogations.
Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité« .
L’intention affichée par le chef du Gouvernement de réduire le déficit à 5% par une réduction de la dépense a suscité l’inquiétude des syndicats. « Tout montre que ce Gouvernement en CDD prépare des projets de lois de finances et de financement de la sécurité sociale très sévères, afin d’accélérer la purge budgétaire d’une ampleur sans précédent« , cingle la CGT Santé et action sociale.
Si Force ouvrière reconnaît la main tendue du Premier ministre aux partenaires sociaux « après des années de mépris de la démocratie sociale« , le syndicat craint également « la cure d’austérité annoncée sur les dépenses publiques ainsi que la reprise du chantier de la simplification« .
L’Uniopss dit ne pouvoir « qu’approuver » l’idée de « négociations rapides » avec les syndicats mais demande avant tout au Gouvernement et aux collectivités d’assurer le financement des évolutions salariales. « Il montrerait ainsi le bon exemple de dispositions qu’il juge nécessaires« , estime-t-elle.
« À court terme, l’hôpital et le médico-social publics sont en grave danger d’asphyxie budgétaire ; sans financements à la hauteur de leurs besoins, ils devront repousser des investissements stratégiques et mettre le frein sur des recrutements pourtant absolument nécessaires« , réagit la Fédération hospitalière de France.
Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée, a lui aussi exprimé son « refus résolu de tout ‘rabot’ au profit d’une vision pluriannuelle des ressources en santé« . Il approuve néanmoins l’ambition du Premier ministre de favoriser « la complémentarité des soins au sein des territoires entre le public et le privé« , de même que le syndicat des Libéraux de santé. Ce dernier incite l’exécutif à « s’atteler rapidement au chantier de la révision du système conventionnel« .
Les infirmiers attendent la loi pour leur secteur.
Concernée au premier chef par l’une des rares mesures concrètes annoncées par le Premier ministre, la Fédération nationale des infirmiers s’est réjouie de la reprise des travaux sur la loi « infirmières-infirmiers« , interrompus par la dissolution. « Ce projet de loi doit désormais arriver sans tarder à l’Assemblée nationale » en raison de la pénurie de soignants, argumente la fédération, qui se dit « à la disposition du Gouvernement et des parlementaires« .
Sylvaine Mazière-Tauran, présidente de l’Ordre national des infirmiers, s’est dite « extrêmement satisfaite de l’écoute et du pragmatisme du Premier ministre« . Dans l’attente de la loi, l’ordre préconise l’accès direct et la primo-prescription pour les infirmiers en pratique avancée, ainsi qu’un décret autorisant les infirmiers à réaliser des soins spécifiques en matière de plaies et de cicatrisation.
Les professions mentionnées par le Premier ministre ont profité de l’occasion pour avancer leurs idées. La Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes (FFMKR) a ainsi tenu à « saluer solennellement les propos de Michel Barnier« , qui avait dit souhaiter « aller plus loin avec les pharmaciens et les kinésithérapeutes« , « dans la même logique » que la loi « infirmiers-infirmières« . Elle a proposé au Gouvernement de s’appuyer sur la proposition de loi du député Stéphane Viry (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, Vosges) qui prévoit entre autres l’accès direct aux kinésithérapeutes sans prescription médicale et l’extension de leur droit de prescription.
Les orthophonistes, qui n’ont pas été cités, ont demandé via leur fédération nationale des mesures analogues, comme l’accès direct pour tous les orthophonistes ou l’accroissement des quotas en formation initiale, présentées lors des assises de la pédiatrie.
Une formulation ambiguë sur la fin de vie critiquée.
L’accent mis par Michel Barnier sur la santé mentale, grande cause nationale en 2025, a été remarqué. « Enfin ! La santé mentale devient un sujet prioritaire. Il l’est depuis longtemps pour nos adhérents« , déclare la Fehap, qui demande plus de moyens face à des besoins « exponentiels« . Le collectif Santé mentale grande cause nationale, formé pour l’occasion, explique par communiqué que cette labellisation permettra de lancer « une vaste campagne de sensibilisation et prévention« , en cours de conception.
La volonté du Premier ministre de « reprendre le dialogue » sur la fin de vie a été critiquée pour son ambiguïté par l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, qui a demandé la reprise du texte en cours d’examen avant la dissolution. « Ne pas confondre « reprise d’un dialogue sans fin » et la « reprise de l’examen d’une loi » ! a tweeté son président, Jonathan Denis. C’est le débat démocratique à l’Assemblée nationale qui doit reprendre sans attendre sur l’accompagnement en fin de vie.«
Sur le handicap, des demandes d’objectifs précis.
Même sans nouvelle mesure, le handicap a eu droit à une place notable du discours de Michel Barnier, « ce qui est à relever« , d’après l’Uniopss. Le Conseil national consultatif des personnes handicapées demande toutefois « des objectifs précis et irréversibles« , que ce soit sur l’accessibilité, l’emploi ou l’école inclusive, par le biais du comité interministériel du handicap.
Au-delà de la possible proposition de loi « transpartisane et ambitieuse » sur le handicap, évoquée par Michel Barnier comme un sujet de consensus, le conseil recommande que les textes « qui ne prendraient pas en compte les situations de handicap » ne puissent pas être adoptés au Parlement. De son côté, la Fehap se dit prête à travailler avec le Premier ministre sur une batterie de mesures pour rendre l’école plus inclusive, comme la formation des enseignants ou la simplification des démarches des parents.
Louis de Briant. Hospimédia. Source
Merci Danielle, pour cette info. Amitiés. MC
Les syndicats savent très bien que l’on ne peut dépenser que ce qu’on a. L’austérité c’est la fin de l’argent facile par l’emprunt. C’est mettre en cohérence dépenses et recettes. Je dirai donc, enfin une cure d’austérité. Nos petits enfants ont enfin leur mot à dire.
Bien évidemment, chacun est en droit d’avoir un avis. Oui il faut réduire la dette, non une grande majorité de la population ne peut se serrer encore une fois la ceinture. À ne pas vouloir imposer les plus fortunés, les biens de luxe, etc. le gouvernement s’expose à des manifestations d’ampleur.