Indexia : un procès hors norme

Les victimes se comptent par milliers dans le procès du groupe romanais Indexia (ex-SFAM) qui s’ouvre lundi à Paris et dure jusqu’au 2 octobre 2024.

Son patron, Sadri Fegaier, est accusé de pratiques commerciales trompeuses.

Pendant plusieurs années, à Romans-sur-Isère (Drôme), c’était « tout feu, tout Sfam », avec la success story de Sadri Fegaier qui faisait la fierté du territoire. Les téléopérateurs vendaient des assurances à tour de bras et l’entreprise, qui faisait vivre aisément des centaines d’employés, prospérait de manière insolente.

Pourtant, dès 2018, des clients s’étaient plaints et l’association UFC-Que Choisir avait déjà levé le lièvre. Avant que cela ne devienne l’un des plus gros scandales de la décennie.

Lundi s’ouvre à Paris le procès du patron d’Indexia et de ses six sociétés (SFAM, AMP Serena, Cyrana, Foriou, Hubside et SFK Group).

L’homme d’affaires est poursuivi devant la 31e chambre correctionnelle pour pratiques commerciales trompeuses et obstacle à l’exercice des foncfions de constatation des infractions à la consommation (entrave à l’enquête de la répression des fraudes).

D’après la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) entre 2014 et 2021, les non-remboursements ont concerné 743 000 demandes qui ont permis de retenir 23 millions d’euros. Des milliers de clients, mais pas seulement : l’Urssaf réclame une somme indue de 14 millions d’euros.

Chute vertigineuse

L’homme qui valait un milliard, aurait construit « le business plan de l’entreprise sur de l’escroquerie », selon la présidente du tribunal de commerce de Paris lors de l’audience du 22 mai, qui a prononcé la liquidation des 17 entités du groupe Indexia.

C’est la chute vertigineuse d’un patron, autodidacte, que d’aucuns trouvaient charismatique, arrivé au sommet de la réussite sociale.

« Je ne sais pas s’il aura le courage de venir, d’affronter le regard des consommateurs ; mais si j’étais son avocate, je lui conseillerais de venir » assure Me Emma Leoty, avocate de la partie civile qui représentera 800 clients.

Sadri Fegaier est, quant à lui, défendu par Me Julie Fabreguettes, spécialisée dans les dossiers de corruption et de blanchiment de capitaux, de fraude fiscale, de biens dits « mal acquis ».

Outre une amende record, l’accusé risque deux ans d’emprisonnement.


Saléra Benarbia. Le Dauphiné Libéré 23/09/2024


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