Il y a au moins un domaine où la Bourse de Paris ignore la déprime : celui des valeurs des industries d’armement. Jour après jour, elles ne cessent de battre des records.
La maison Dassault donne l’exemple. Son carnet a enregistré, à la fin du premier semestre, 41,2 milliards d’euros de commandes, alors qu’il lui reste pas moins de 223 avions de chasse Rafale à livrer.
Seule source d’angoisse pour l’entreprise : en raison de retards chez ses sous-traitants qui fabriquent une part de l’avionique électronique, ses usines ont beaucoup de mal à respecter les délais prévus, et il lui faut embaucher en catastrophe pour tenter de respecter les cadences. Un vrai problème de riche !
La maison Thales, elle aussi, bat des records. Au cours du premier trimestre, son carnet de commandes a progressé de 46 %, et sa marge opérationnelle atteint désormais plus de 11,5 %. Jamais les activités de ce groupe français d’électronique n’avaient connu un tel succès dans le domaine de la défense, notamment à l’export. Et ce malgré des difficultés dans d’autres secteurs, le spatial notamment.
Tendance de fonds
Quant à la maison Airbus, qui n’aime guère communiquer sur ses activités militaires, sa pudeur ne l’empêche pas de souligner qu’elle a « commencé l’année 2024 sur un bon rythme ». Jamais ses avions de combat et de transport militaire, ses missiles en tous genres, ses hélicoptères de combat n’avaient vu leurs carnets de commandes se remplir aussi bien.
Signe des temps, un nouveau fonds d’investissement spécialisé dans les industries d’armement vient d’être créé à Paris par deux financiers, aidés par des hauts galonnés à la retraite. Il porte le nom de « Durandal Capital ». « Merci Poutine » aurait peut-être été plus juste…
Article non signé lu dans le Canard enchaîné 31/07/2024
Oui une sombre réalité notre pays autrefois exportateur de nourriture exporte maintenant des armes mais aussi en donne ce qui explique une part du déficit public.