… de voter RN
Mise en garde dans cette période trouble : tous les articles « postés » — jusqu’au jour du 2ᵉ tour des législatives —, ne le sont-seront qu’au titre de l’information plurielle et n’engage pas l’administrateur du blog.
La sélection d’articles doit servir à éclairer, analyser les différences dans les programmes proposées par les partis se présentant. Ils devraient permettre de décanter, comprendre les affirmations de chacun engageant la France, pour les trois années prochaines. D’autre part, chacune-chacun à le devoir citoyen (dans cette ambiance délétère), de prendre position en allant voter, mais également d’inciter toutes personnes côtoyées de se rendre dans les isoloirs afin d’éviter l’abstention. Cette abstention qui à toujours « profiter » aux candidat-es, arrivé-es en tête. MC
[…] pour avoir une vision globale de l’électorat du RN, les témoignages isolés ne suffisent pas, rien ne vaut les sondages.
Par exemple, celui réalisé par 1’Ipsos, juste après les européennes, sur la « sociologie des électorats (1) ». Il en ressort que la majorité des électeurs RN se disent « pas du tout satisfaits » de leur vie (53 %), animés d’un esprit de « révolte » (46 %), déclarent appartenir à un milieu « défavorisé » (50 %) et à « une France en colère et très contestataire » (47 %) … Force est d’admettre que le voeu de Jean-Marie Le Pen qui, à l’issue du premier tour de la présidentielle en 2002, appelait « les petits, les obscurs, les sans-grade » àvoter pour lui a été exaucé.
C’est quand même un paradoxe. Bien que l’immigration reste le thème central du programme RN, ce n’est pas forcément la première motivation de ses électeurs.
D’autres études le confirment. Comme celle du politologue et directeur de recherches au CNRS Luc Rouban sur la « mutation du Rassemblement national (2)». […]
Quand on choisit de voter Bardella, d’après Luc Rouban, « la première cause est surtout un sentiment de désocialisation, de se sentir méprisé et de souffrir d’un manque de reconnaissance de son travail ». Cela touche toutes les classes sociales. Les ouvriers en premier lieu (53 % des électeurs RN, selon l’Ipsos), mais pas seulement.
On retrouve aussi ce sentiment de déclin social dans des classes plus favorisées. Il ne s’agit pas forcément de la réalité de leur condition, mais de la perception qu’ils en ont. Voilà une autre étude qui le montre.
Les chercheurs ont demandé à des électeurs du RN comment ils se situaient sur une échelle sociale de 0 à 10. Résultat : « On a des cadres qui ont de belles situations, mais qui se situent à seulement 3 ou 4 sur cette échelle. C’est parce qu’ils estiment ne pas avoir réussi comme ils l’espéraient. Parmi ceux qui ont un bac + 3 et qui ont voté Marine Le Pen en 2022, les deux tiers disent qu’ils n’ont pas une situation professionnelle à la hauteur de leur diplôme : par exemple, ils ont un master et travaillent comme employés. »
Mais il y a bien d’autres raisons de voter Bardella. Dans les zones rurales, par exemple, « les électeurs se sentent souvent pris entre des injonctions contradictoires. D’un côté, on leur demande de s’adapter au changement climatique et de moins utiliser leur voiture. Mais en même temps, ils se disent : « Comment je fais pour aller bosser ? » Ils ont l’impression d’être noyés dans une mondialisation et de ne plus être acteurs de leur destin. Pour eux, le macronisme incarne le fatalisme, on leur demande de s’adapter au motif qu’ils n’auraient pas le choix ». Et Macron lance avec mépris à ces gens-là qu’il suffit d’acheter un costard, de traverser la rue et – yop la boum ! – la vie sera belle.
[…]
Mais si les « sans-grade » veulent vraiment changer du monde, pourquoi ne votent-ils pas, par exemple, pour Lutte ouvrière ou le Nouveau Parti anticapitaliste ?
Pour Luc Rouban, « c’est avant tout parce qu’ils ne sont pas de gauche. On peut voir le vote RN comme un prolongement des « gilets jaunes ». Ce n’était pas une contestation des patrons, mais de l’État qui les méprise. Aujourd’hui, ils ressentent une perte de maîtrise de leur vie, et pensent la retrouver avec un État fort, même si c’est illusoire ». D’un côté, Macron leur dit qu’ils n’ont pas d’autre choix que de subir les lois de la finance… De l’autre, ils ne croient plus en la gauche… Alors qu’ils s’imaginent qu’un pouvoir autoritaire leur redonnera le contrôle d’eux-mêmes. Ce n’est même plus de la politique ni de l’utopie, c’est se fourrer le doigt dans l’oeil. Et ce jusqu’au coude.
Selon Luc Rouban, dans ce contexte, la question de l’immigration prend une autre dimension : « Ce qui se joue dans l’immigration, c’est surtout une recherche d’identité. L’immigration est le symbole de cette perte de contrôle. Certains voient des immigrés qui vivent mieux qu’eux, grâce à une entraide communautaire. Alors qu’eux restent tout seuls dans leur HLM S’opposer à l’immigration donne l’impression de pouvoir recréer une cohésion nationale qui leur offre quelque chose à quoi se raccrocher. C’est similaire à un sentiment de délaissement qu’en sociologie on appelle l » anomie »; et que le sociologue Émile Durkheim a utilisé pour expliquer le suicide. »
On pourrait filer la métaphore. De même que la personne délaissée et suicidaire croit se « sauver » en exerçant une violence qu’elle retourne contre elle-même, on pourrait dire que le vote RN est une forme de suicide politique.
Antonio Fischetti. Charlie hebdo. (Extraits) 19/06/2024
Je voterai NFP pour des raisons uniquement politiques. Mais je sais qu’au pouvoir il ne suivra pas son programme, à moins de quitter l’euro et l’UE. Ce qu’il n’a pas les moyens de faire. Et je suis convaincu que ses dirigeants (Roussel Tondelier Faure Mélenchon) savent parfaitement qu’avec un déficit de 170 milliards, leurs promesses c’est la bancroute assurée, donc le risque que les 10% de plus se transforment en 30 voire 50% en moins.
J’ai vu aux marchés de ma ville, ce jeudi, ce samedi, et sans doute demain encore, des habitants venir chercher un exemplaire ou 2 du programme du NFP, et discuter avec les Elus de la majorité municipale et les militants…plusieurs centaines de programmes sont partis.. il y aura sans doute des débats, des discussions jusque vendredi… c’est très intéressant, d’autant que plusieurs proposent leurs services pour mobiliser les abstentionnistes… et assister à la publication des résultats et à l’intervention de Madame La Maire….