Le naufrage

Cerné par les eaux de l’île de Sein, Emmanuel Macron s’échoue sur les rives de l’inconséquence.

Lors de son déplacement, mardi [18/06/2024], dans ce haut lieu de la Résistance, le chef de l’État s’est livré à l’un de ces apartés qu’il affectionne tant et qui disent tout de lui. Dans la hiérarchie des dangers qui guettent la France, l’ennemi électoral numéro un, selon lui, n’est pas le RN mais le Nouveau Front populaire.

La cible prioritaire sur laquelle il concentre ses tirs en piochant, toute honte bue, dans les éléments de langage de l’extrême droite. Le programme du NFP ? « Totalement immigrationniste, lâche-t-il. Ils proposent d’abolir toutes les lois qui permettent de contrôler l’immigration. » Face à une promeneuse, il actionne, cette fois, le levier transphobe : il y a « des choses ubuesques (dans le programme du NFP), comme aller changer de sexe en mairie ». Du Bardella dans le verbe et dans l’esprit.

Nous en sommes donc là. Acculé par la dynamique du NFP, ce président élu et réélu au nom du barrage à Marine Le Pen en devient le zélé porte-parole, après en avoir été le parfait marchepied. Une trahison de ses propres engagements. Mais aussi de tous ces électeurs de gauche, aujourd’hui diabolisés, qui ont eu le courage, eux, de voter « Macron », un mouchoir sur le nez. Cette stratégie du chef de l’État les insulte et ne peut que mettre, au final, du carburant dans un moteur RN déjà poussé à plein régime.

« Les masques tombent », raillait le chef de l’État, la semaine passée. Le sien, surtout. Et l’on ne peut que constater avec désolation que son sauvetage électoral prime sur tout. Il est insupportable, quatre mois après l’entrée de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon, de l’entendre renvoyer dos à dos un Front populaire héritier des combats républicains, antiracistes, pacifistes et sociaux, et le RN pétainiste et xénophobe. Ce cynisme intégral d’Emmanuel Macron entretient la confusion des mots et des idées. Il met à mal la parole politique autant qu’il crache sur l’histoire de notre pays.


Éditorial du 20/06/2024 du quotidien l’humanité. Source.


Mise en garde dans cette période trouble : tous les articles « postés » — jusqu’au jour du 2ᵉ tour des législatives —, ne le sont-seront qu’au titre de l’information plurielle et n’engage pas l’administrateur du blog.
La sélection d’articles doit servir à éclairer, analyser les différences dans les programmes proposées par les partis se présentant. Ils devraient permettre de décanter, comprendre les affirmations de chacun engageant la France, pour les trois années prochaines. D’autre part, chacune-chacun à le devoir citoyen (dans cette ambiance délétère), de prendre position en allant voter, mais également d’inciter toutes personnes côtoyées de se rendre dans les isoloirs afin d’éviter l’abstention. Cette abstention qui à toujours « profiter » aux candidat-es, arrivé-es en tête.

MC

2 réflexions sur “Le naufrage

  1. bernarddominik 22/06/2024 / 11h06

    On ne peut comparer et associer le front populaire de 1936 au NFP de 2024. Les enjeux les programmes la situation économique de la France ne sont pas les mêmes. En 1936 la France avait un empire colonial qui lui assurait des marchés captif et les matières premières nécessaires à son industrie. En 2024 elle est plongée dans un univers de concurrence, n’est pas assurée de pouvoir importer matières premières et ênergie. Quant au RN il ne dispose pas de SS ou de la SA et est obligé de passer sous les fourches caudines de l’UE. Je trouve donc l’Humanité à côté des vrais problèmes. Il y avait une voie possible pour NFP, qui restait possible sans faire de rupture avec un système qui grâce aux dettes tient la France par les couilles, les économistes de NFP l’ont écartée et choisi la confrontation, c’est suicidaire. Bardella lui l’a compris. C’est la raison pour laquelle Macron a fait ce choix, certes surprenant de la part de l’homme au plus gros déficit de l’histoire en temps de paix.

  2. tatchou92 22/06/2024 / 21h55

    Les électeurs trancheront… en espérant que les abstentionnistes prendront aussi leurs responsabilités… et l’Elysée sera t-il en berne ?

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