Libre

Dans quel état la France, la gauche et la droite sortiront-elles de cette crise politique inédite ?

C’est la quatrième fois qu’on vous fait le coup du « front républicain » contre l’extrême droite. La première, c’était en 2002, quand Jean-Marie Le Pen était arrivé derrière Jacques Chirac. Au second tour, la gauche se résigna à voter Chirac. La même situation se répéta en 2017 et en 2022 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Combien de fois ce piège va-t-il être utilisé pour vous forcer à voter pour un candidat dont vous ne voulez peut-être pas ?

Contrairement aux précédents cas de figure, cette fois, vous ne votez pas pour un président, mais pour des députés. Ce n’est donc pas entre deux postulants que vous devrez choisir mais entre 4011 candidats répartis sur tout le territoire, dans 577 circonscriptions.

Rien à voir avec 2002, 2017 et 2022. Le « front républicain » n’a donc pas lieu d’être !
Au premier tour, on est libre de voter pour qui on veut. C’est seulement au second tour que cette question se posera peut-être.

Pour le moment, la gauche se présente unie sous la bannière Nouveau Front populaire (N FP). Que vaut cette coalition de circonstance, actuellement en deuxième position dans les sondages, derrière le RN ?

On entend déjà des protestations contre ce qui ressemble à un hold-up politique, où, pour faire barrage à l’extrême droite, on met les électeurs de gauche en demeure de voter aveuglément pour les candidats présentés sous le label Nouveau Front populaire, dont on sait qu’il est cornaqué par les dirigeants de La France insoumise.

[…]

Votre liberté n’est pas à vendre, et dans l’isoloir, vous agirez comme bon vous semblera, n’obéissant qu’à votre conscience.

Ce qui se jouera dimanche 30 juin 2024, c’est 577 élections différentes. […]

Ce sera donc à vous, électeurs, de juger seuls, pas uniquement les programmes (dont on sait qu’ils ne sont jamais respectés), mais aussi la personnalité des candidats, leur parcours, leurs décisions et leurs déclarations passées.

[…}

Contrairement à ce qu’on vous fait croire depuis plusieurs jours, les revendications de la gauche ne se résument pas aux questions économiques. À chaque fois, c’est la même manipulation : on ne nous parle que de pouvoir d’achat et de hausse des prix, dans le but de faire diversion et de passer sous silence d’autres problèmes beaucoup plus sensibles, comme, par exemple, l’intolérance religieuse.

[…] Comme par hasard, c’est toujours à la laïcité qu’on fait ce procès absolument malhonnête. […] Dans cette campagne, les candidats ne se bousculent pas pour défendre la laïcité. Si Charlie Hebdo n’en parle pas, qui le fera ? L’histoire de Charlie nous l’impose, et on ne pourrait plus se regarder dans une glace si on se taisait. C’est pour nous une obligation morale. […] Pourquoi insister sur cette question cruciale, mais que tout le monde évite ?

Parce que, en politique, il faut distinguer entre ce qui est structurel et ce qui est conjoncturel. Augmenter le smic ou diminuer les impôts, ce n’est pas structurel, et un gouvernement peut redéfinir sa politique en fonction des circonstances. Le budget et les lois de finances sont discutés et votés chaque année, et peuvent être adaptés aux impératifs économiques et sociaux du moment. On voit ça tout le temps.

Par contre, les règles de la laïcité, elles, touchent aux fondements mêmes de la démocratie. Elles ne sont pas négociables, et faisaient consensus depuis 1945. La gauche se veut l’héritière du Conseil national de la Résistance (CNR), où siégeaient des personnalités issues des différentes familles politiques. […] Vous en avez le droit. Dans l’isoloir, vous êtes souverain et n’obéissez qu’à votre conscience. Parce que vous êtes libre, à la fin, c’est vous qui déciderez. […]


Article composé d’après l’édito de Riss. Charlie Hebdo (extraits). 26/06/2024


4 réflexions sur “Libre

  1. bernarddominik 28/06/2024 / 21h49

    Le NFP a grand peine a justifier sa politique économique, notamment la CSG progressive qui va entraîner une baisse de revenu des 2000€ mensuels, que vaut donc sa promesse de n’augmentera les impôts que des 10% les plus riches?

    • Libres jugements 29/06/2024 / 10h49

      Comment et sur quelles bases Bernard fais-tu ce calcul d’une baisse de revenus de 2000 € mensuels. Qui, selon toi, seraient concernées en dehors d’une certaine classe au salaire très bien pourvu, car perdre 2000 € mensuels me paraît énorme et certainement pas en rapport avec le faible pourcentage de la CSG.
      d’autre part et si j’ai bien compris, le barème d’imposition va changer de manière à avoir des tranches à la fois moins imposables que d’autres et par contre beaucoup plus importante pour les très hauts salaires – lorsque l’on n’entend certaines rétributions de PDG alors que les salariés triment Dans les ateliers – cela ne peut à peine gêner, le 1 % des plus riches de la société française.
      Michel

      • tatchou92 29/06/2024 / 23h08

        Pour ma part, je viens de relire ce qui suit dans le chapitre LA RUPTURE DECRETER L’ URGENCE SOCIALE :
        -bloquer les prix des biens de1ère nécessité dans l’alimentation, l’énergie, les carburants….
        -abroger les décrets d’application de la réforme retraite Macron et les réformes d el’Assurance chômage,
        -augmenter le mInimum contributif RETRAITE AU NIVEAU DU SMIC ET LE MINIMUM VIEILLESSE AU NIVEAU DU SEUIL DE PAUVRETE,
        -augmenter les salaires par le passage du SMIC à 1600€ nets, par la hausse de 10% du point d’indice des fonctionnaires, augmenter les indemnités des stagiaires, le salaire des apprentis et des alternants
        – engager les négociations commerciales en garantissant un prix plancher rémunérateur aux agricultueurs… en taxant les super profits des agro-industriels et de la grande distribution,
        Plus loin dans ETE des BIFURCATIONS
        – revaloriser les APL de 10%.
        Faire une grande loi pour le pouvoir d’achat… indexer les salaires sur l’inflation.. porter L’Allocation Adultes Handicapés (AAH) au niveau du SMIC.
        Abolir la taxe MACRONde 10% sur les factures d’ »énergie..etc
        rendre la CSG progressive, rétablir l’ISF, Progressivité de l’impôt à 14 tranches, contre 5 de base aujourd’hui (avec les cas particuliers par catégories)

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