L’analyse qui suit paraîtra à certaine/certains pessimistes, à d’autres — dont je fais partie — penseront que c’est une analyse réaliste ; toutefois attendons les différentes réactions, tractations et alliances en vue du deuxième tour. Les postures et joutes oratoires dès l’après 20 h, dimanche 30 juin, avant de se prononcer définitivement. MC
C’est devant une page blanche que je tente de mettre de l’ordre dans mes « intentions de vote » pour les élections législatives. Finie, cette insouciante époque où je votais avec le même enthousiasme pour l’Eurovision, une primaire à gauche, à droite ou les municipales. Tout se complique. Je doute énormément.
Pour organiser mes idées, je me pose trois questions :
1) Que puis-je savoir ?
2) Que dois-je faire ?
3) Que m’est-il permis d’espérer (par souci d’efficacité, je me suis inspirée de Kant-les-bons-tuyaux ?
Que puis-je savoir, donc ?
Je sais que je suis de gauche. Enfin, de cette gauche-là, pas tout à fait de l’autre et surtout pas de celle qui me considère, elle, comme à droite de la gauche, donc à l’extrême droite. Comment en être certaine ? On va dire que je m’identifie comme une femme de gauche.
Je sais que face à un candidat Rassemblement national, je voterai pour n’importe qui. Même pour Xavier Dupont de Ligonnès, une vache ou un grille-pain.
La réponse à cette première question clarifie nettement mon opération « vote barrage pour l’éternité ». Il y a déjà quantité de bulletins dont je peux me débarrasser. Malgré un choix désormais plus restreint, c’est maintenant que les ennuis commencent.
Que dois-je faire ?
L’enjeu est historique, nous en convenons tous.
Il y a l’histoire de la lutte contre l’extrême droite, du Front populaire, du rassemblement des gauches. J’y suis particulièrement sensible même si ce « nouveau Front populaire » me semble contenir bien peu d’ingrédients « Genuine 1936 » et beaucoup d’additifs « goût euphorie d’une unité de la gauche ». Mais ne chipotons pas, le moment est grave et il est impératif d’empêcher une victoire du RN.
Je dois donc surmonter mon aversion pour certains membres du NFP, être disciplinée, ne pas pleurnicher sur ma belle conscience immaculée et voter pour l’union des gauches aux élections.
Mais, de manière concomitante, il y a l’histoire de la lutte contre l’antisémitisme. Dans les rangs de LFI, chez ses compagnons de route, on a pu entendre certains parler d’antisémitisme « résiduel » ou « contextuel », faire allusion aux « dragons célestes », multiplier les insinuations à propos des juifs, etc.
De manière répétée. On sait aussi que les actes antisémites ont explosé en France depuis le 7 octobre 2023. Est-il vraiment possible de combattre l’extrême droite avec un collectif dont certains membres, et pas des moindres, semblent encourager un antisémitisme d’atmosphère ?
Certes, la nécessité de lutter contre ce fléau a été actée par le NFP mais on pourra aussi déplorer que cela ressemble un peu trop à un moratoire sur l’antisémitisme, comme s’il s’agissait d’un sujet secondaire.
N’est-ce pas une tragique erreur historique de tolérer, une telle chose ? Faire corps avec des antisémites « sur pause » contre des antisémites « masqués » de l’autre bord, est-ce pensable ?
Je dois avouer qu’un homme comme Jérôme Guedj me paraît avoir une attitude courageuse et digne. Mais il est si seul…
Que m’est-il permis d’espérer ?
D’arriver à concilier sans me trahir, le mieux possible, ces deux combats tout en m’accordant avec mes orientations politiques. Et comme je n’y arriverai pas et que je ne suis victime d’aucune illusion lyrique, je ne rêve pas d’un grand soir. Au mieux, il y aura soulagement, énorme, mais temporaire. Et un antisémitisme aussi banalisé qu’omniprésent.
Mara Goyet. Le Nouvel Obs. N° de 3117. 27/06/2024
À vrai dire avec la CSG progressive il y aura une augmentation des taxes pour 35% des français. Déjà mes fils (qui gagnent bien leur vie, mais ne sont pas millionnaires) me disent que ça ne vaudra plus le coup de travailler autant et envisagent la vie chômage-petit boulot vendre et racheter en Italie ou en Espagne. Et je leur connais pleins d’amis dans ce cas. C’est triste à dire, mais NFP percevra trop peu d’impôts et avec 70 milliards de charges financières, ce sera la faillite ou le renoncement. […]
La CSG, pour rappel une imposition sur les salaires des travailleurs, est déjà une anomalie depuis plusieurs décennies ; comme toute loi qui devrait disparaît au bout d’un certain temps après avoir établi les comptes de la sécurité sociale, c’est une loi qui perdure permettant d’abord et avant tout de récolter de l’argent hors du circuit patronal diminuant les charges sociales générales du même coup, permettant ainsi de plus grand profit pour les patrons.
Puisque la CGT existe et ne fait pas l’objet d’une révolution sociale Cette loi–obligation étend devenue intégrer dans la morale et le décompte des salariés d’une part, et d’autre part au prorata la CSG devient pratiquement nul pour les trous salaires. Là aussi il y a me semble-t-il à rectifier le tir et augmenter selon un barème la CGT en fonction du salaire reçu.
Puisqu’il faut trouver de l’argent pour combler le trou budgétaire national orchestrée par le minot élyséen, il n’y a pas d’autres solutions que de faire payer les plus fortunés et les cadres aisés.
MC
pour mémoire, un candidat célèbre à la Présidentielle de 1981 disait : « ..au delà de 4000 francs, par mois, je prends tout »…Je ne sais, si celà tremblait dans les beaux quartiers.. nous ne risquions rien…:les chômeurs, immigrés, étudiants, retraités non plus..