… et si la vraie surprise venait du « Front populaire ».
Mise en garde dans cette période trouble : tous les articles « postés » — jusqu’au jour du 2ᵉ tour des législatives —, ne le sont-seront qu’au titre de l’information plurielle et n’engage pas l’administrateur du blog.
La sélection d’articles doit servir à éclairer, analyser les différences dans les programmes proposées par les partis se présentant. Ils devraient permettre de décanter, comprendre les affirmations de chacun engageant la France, pour les trois années prochaines.
D’autre part, chacune-chacun à le devoir citoyen (dans cette ambiance délétère), de prendre position en allant voter, mais également d’inciter toutes personnes côtoyées de se rendre dans les isoloirs afin d’éviter l’abstention. Cette abstention qui a toujours « profiter » aux candidat-es, arrivé-es en tête. MC
Face au risque de voir arriver l’extrême droite à Matignon, l’accord du nouveau Front populaire a été conclu jeudi soir 13 juin 2024. Au vu des rapports de force électoraux issus des européennes, il semble le seul à même de batailler avec le RN pour obtenir une majorité le 7 juillet.
Chacun ne ressent pas le temps de la même façon. Depuis dimanche, c’est particulièrement vrai pour les responsables politiques de gauche et les sympathisants. Pour les premiers, les quatre jours d’intenses négociations pour créer le nouveau Front populaire ont semblé très courts tant les désaccords à surmonter étaient nombreux. Ces quatre journées ont, à l’inverse, paru interminables aux seconds.
Tout au long de la semaine, la question aura été la même : la gauche partira-t-elle unie aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, comme ses principaux dirigeants s’y étaient engagés dès lundi soir ? Souvent, le doute était permis tant chaque petit obstacle a pu paraître une montagne aux négociateurs.
Mais le nouveau Front populaire est né. Un accord a été conclu, après avoir patiné toute la journée de jeudi. L’acte de naissance a été signé en début de soirée par la France insoumise (FI), le Parti socialiste (PS), les Écologistes, le Parti communiste français (PCF), Place publique (PP), Génération.s et une myriade de petites formations, qui ont remisé au placard les tensions dans l’objectif de battre l’extrême droite en ne présentant qu’une candidature par circonscription.
Seule, la gauche à pouvoir de mettre en échec Marine Le Pen
« La gravité du moment exige la responsabilité », écrivait Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, sur X dans l’après-midi. S’il venait à voir le jour, ce nouveau Front populaire pourrait bénéficier d’un large soutien du peuple de gauche : 96 % des électeurs de la liste portée par Manon Aubry (FI) sont favorables au rassemblement, comme 86 % et 77 % de ceux ayant respectivement apporté leur voix à Raphaël Glucksmann (PP-PS) et Marie Toussaint (les Écologistes).
Un élan qui devrait se vérifier dans les rues du pays ce samedi, où de nombreuses manifestations sont organisées à l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires) pour barrer la route au Rassemblement national (RN).
Parce que c’est mathématique : seule la gauche est aujourd’hui en capacité de mettre en échec Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Ciotti et consorts, à qui Emmanuel Macron a ouvert la voie vers le pouvoir en dissolvant l’Assemblée nationale.
Deux blocs relativement égaux se font désormais face. Aux européennes, le RN a récolté 7,8 millions de voix. Tout comme la gauche, alors que le chef de l’État (3,6 millions d’électeurs) voit son « bloc central » enseveli sous la re-bipolarisation de la vie politique, où l’extrême droite remplace peu à peu la droite traditionnelle. Contrairement à ce qu’il affirmait mercredi lors de sa conférence de presse, le chef de l’État ne peut plus s’ériger en rempart.
« Soit Jordan Bardella est au pouvoir, soit c’est le Front populaire », résume Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. Un sondage Elabe confirme l’analyse : 31 % des interrogés comptent voter pour le RN, 28 % pour l’union de la gauche et seulement 18 % pour le camp présidentiel. Si cette enquête d’opinion ne dit rien du rapport de force dans chaque circonscription, ses données donnent clairement l’affiche du match des législatives. D’après les calculs du Figaro basés sur le résultat des élections européennes, 536 duels sur 577 pourraient opposer l’extrême droite au nouveau Front populaire.
Organiser un calendrier d’action
La mobilisation de chaque camp sera la clé du scrutin pour espérer bâtir une majorité, dans une campagne très courte. Pour convaincre, l’union de la gauche a finalisé, jeudi en fin de journée, un programme commun comportant 140 mesures.
Au menu : abrogation de la réforme des retraites, indexation des salaires sur l’inflation, moratoire sur les méga-bassines, investissement dans les services publics, suppression de l’article 49.3, refus des contraintes austéritaires de l’Union européenne, abolition de Parcoursup, création d’un pôle public du médicament… Toutes ces propositions devaient ensuite être classées selon un contrat de législature fixant un calendrier d’actions.
Pourtant, parachever cet accord a paru un chemin de croix. Jeudi, les discussions n’ont pas buté sur l’identité du futur premier ministre alors que Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Fabien Roussel et d’autres se sont déclarés, à divers degrés, disponibles tout en revoyant ce choix à la future majorité parlementaire. Mais sur le partage des circonscriptions et le projet. Visant la FI, les socialistes ont fait traîner les négociations, affirmant ne pas être satisfaits des formulations proposées sur l’antisémitisme, l’Ukraine ou encore le Hamas. « Il y a des lignes qu’on ne peut pas franchir. Nous devons être irréprochables, aucun flou n’est possible. On sera au microscope », explique, en direct, un cadre du PS.
« Ils ont proposé ”agir pour la libération des otages détenus depuis les massacres terroristes du Hamas, dont nous rejetons le projet théocratique”, et nous avons passé trois heures à passer en revue la nature des politiques qu’on pourrait mettre en place contre l’antisémitisme », assure un cadre FI.
Côté insoumis, on soupçonne alors les potentiels partenaires de se servir du fond pour justifier un désaccord sur la répartition des candidatures : « C’est bloqué sur les circonscriptions par les socialistes, qui instrumentalisent ces sujets pour maquiller le blocage », estime un autre. Le PS, qui a récupéré cent circonscriptions depuis 2022, espérait des territoires plus gagnables. « Les FI ont toujours eu du mal à comprendre le concept d’ancrage local, qui fait que certaines circonscriptions ne sont gagnables que par un socialiste, un communiste ou un écologiste », assure une socialiste.
Mais « les moments de tensions sont normaux dans la dernière ligne droite », juge un émissaire d’expérience, qui a vu tout le monde revenir à la table des discussions. Lesquelles ont été boostées par la reprise en main des chefs de parti – Manuel Bompard, Olivier Faure, Marine Tondelier et Fabien Roussel –, en milieu de journée, au siège parisien des Écologistes.
Emilio Meslet. L’Humanité. Source (texte intégral – Abonné)
Le programme de la gauche a été dévoilé ce midi. Suppression des réformes du chômage et retraite à 60 ans. Beaucoup de promesses, mais le financement sera fait par l’endettement pour une grande partie, la taxation des super profits en 2026 (ceux de 2025 autant dire qu’il n’y en Europe pas), l’augmentation des salaires permettra de financer les retraites pour 2025 et 2026, mais ensuite il faudra emprunter ou augmenter les cotisations ou impôts et taxes. La France continuera à financer le puits sans fond et sans espoir ukrainien. Je n’approuve pas les concessions faites à Glucksmann qui veut perpétuer la politique étrangère de Macron. La retraite je pense que fixer le même âge pour tous est une bétise, car tous les métiers n’ont pas le même impact sur la santé. Quant au chômage, il faut revoir le fonctionnement de France Travail, qui est incapable de gérer les besoins de main d’œuvre du pays et imposer au patronat le recrutement par France Travail pour tous les emplois peu ou moyennement qualifiés. Pour moi la gauche nous refait le coup du programme commun en ayant pas pris en compte ses échecs. La gauche française est trop idéologique et manque de pragmatisme et souvent de simple bon sens. Mais il faut faire avec, même si elle nous vend un âne pour le prix d’un cheval de course.
Il me semblait qu’actuellement, la situation économique du pays n’était pas au mieux.. que les Français aimeraient mieux vivre, être mieux payés, avoir des Services Publics et des entreprises qui fonctionnent correctement partout.. des trains, des hôpitaux, des médecins, des écoles qui ne suppriment pas de classes, payer moins cher l’électricité, le gaz, les carburants, les assurances, être mieux pris en charge par la sécu et les mutuelles, que la néfaste réforme des retraites soit abandonnée, que les salariés soient mieux considérés, que le chômage baisse,
Il est donc logique que le nouveau Front Populaire détermine des priorités à caractère social, et un calendrier qui font consensus, qui redonneront espoir.. il ne promet pas pour autant de raser gratis, ses équipes comportent aussi des économistes, des juristes, et ils connaissent aussi l’état des finances du pays…