Mise en garde dans cette période trouble : tous les articles « postés » — jusqu’au jour du 2ᵉ tour des législatives —, ne le sont-seront qu’au titre de l’information plurielle et n’engage pas l’administrateur du blog.
La sélection d’articles doit servir à éclairer, analyser les différences dans les programmes proposées par les partis se présentant. Ils devraient permettre de décanter, comprendre les affirmations de chacun engageant la France, pour les trois années prochaines.
D’autre part, chacune-chacun à le devoir citoyen (dans cette ambiance délétère), de prendre position en allant voter, mais également d’inciter toutes personnes côtoyées de se rendre dans les isoloirs afin d’éviter l’abstention. Cette abstention qui a toujours « profiter » aux candidat-es, arrivé-es en tête. MC
Les vainqueurs fin prêts pour… leur procès
La soirée électorale de dimanche a été marquée par un regrettable oubli. Aucun commentateur n’a rappelé que le parti qui venait de triompher aux élections européennes est le même que celui qui a rendez-vous au tribunal, le 30 septembre prochain, pour avoir détourné près de 7 millions d’euros de fonds publics du… Parlement européen.
Le RN et 27 de ses vedettes — la famille Le Pen en tête — sont poursuivis dans la fameuse affaire des emplois bidon d’assistants parlementaires, grassement payés par l’Europe entre 2004 et 2016 alors qu’ils bossaient en réalité pour le parti. Parcourir les 155 pages de l’ordonnance de renvoi vaut le détour.
Championne toutes catégories de l’embauche de collaborateurs imaginaires, l’ex-députée européenne Marine Le Pen a enrichi cinq de ses proches. Un coquet détournement évalué à 485 000 euros. Durant l’enquête, celle qui compte se représenter aux législatives dans le Pas-de-Calais, et vise l’Élysée pour la suite, avait déclaré aux juges sans sourciller : « Oui, un assistant parlementaire peut travailler pour un député qu’il n’a jamais rencontré. » Fortiche !
Prime à la casserole
Dans la famille Le Pen, la soeur Yann a elle aussi ravi les enquêteurs. Rémunérée pendant plus de cinq ans entre 4 876 euros et 5 050 euros par mois au service, prétendument, de Bruno Gollnisch, la frangine de Marine — et maman de Marion Maréchal — a fini par l’avouer : « Je n’ai jamais bossé sur un dossier politique européen, je n’en ai pas les compétences, et cela ne m’a jamais été demandé. » Gloups ! Il faut dire que la malheureuse avait été trahie par l’un de ses mails : « Au fait, ça serait pas plus simple de faire un contrat Front ? C’est pas risqué que Marine me prenne sur elle ? Tu sais que le secret n’existe pas chez nous. » La preuve…
N’oublions pas le cas de Jean-Marie Le Pen, accusé d’avoir été l’un des grands manitous de la fraude en rémunérant comme assistant parlementaire son chauffeur, lequel « ne savait pratiquement pas écrire ». Las ! capable de voter dimanche dernier, papi Le Pen le serait moins pour assister à son procès. Saisie par ses filles, la justice doit décider, le 3 juillet, s’il en a les facultés ou non…
Le téléphone pleure
Au premier rang des prévenus au procès de septembre, Catherine Griset, ex-belle sœur et ex-cheffe de cabinet de Marine au FN, a été élue dimanche en 14ᵉ position sur la liste de Bardella. Assistante à Strasbourg pour un temps partiel payé 4 472 euros mensuels, elle n’a passé (son badge l’atteste) que douze heures au Parlement européen en deux ans, contre quinze à vingt-deux jours par mois au siège du FN. Cette magicienne avait livré une explication : pour entrer au Parlement européen, elle « passait par le parking ». Bizarrement, les juges ont vérifié et ne l’ont pas crue.
Enfin, Julien Odoul, actuel député RN de l’Yonne, sera candidat à sa réélection en juillet. Au milieu des années 2010, l’homme était un conseiller spécial du FN assidu et faisait croire qu’il bossait dur à l’UE… pour une parlementaire avec laquelle il a eu « deux communications téléphoniques » en deux ans.
A propos de cet as, une frontiste a lâché en audition : « En avril 2015, je suis dans mon bureau à Strasbourg pour la plénière et j’entends pleurer la députée Mylène Troszczynski, qui me dit : « Je ne savais pas, j’ai fait confiance, on m’a dit de signer un contrat mais je sais pas qui est Julien Odoul, ni à quoi il ressemble. » »
Vivement le mois de septembre au tribunal de Paris pour que la justice soit rendue : le RN y tient. « On a envie de remettre le pays en ordre, que ce soit la fin du laxisme judiciaire… » a déclaré Laure Lavalette, la porte-parole de Bardella (France Inter, 10/6).
Si elle le dit… Marine Babonneau et Christophe Nobili. Le Canard enchaîné. 12/06/2024
Effectivement bien résumé
Commentaire non signé… faire attention pour un prochain avis de respecter la demande d’identification ou signature. Merci, et ce même si, après recherche, il émane du blog « La vérité est ailleurs » de Caro… MC