Le plastique est parfois très utile. Par exemple, sous forme de sacs-poubelle ou de gaines isolantes.
Mais désormais, il nous pourrit bien la vie. Surtout quand il se désagrège en microplastiques, minuscules fragments invisibles. Ces confettis chimiques sont partout.
On en a détecté au sommet de l’Everest, en Antarctique, dans le microplancton, dans les baleines… Aujourd’hui, voilà qu’on en trouve dans les testicules des humains.
C’est ce que viennent de montrer des chercheurs de l’université de New Mexico, avec une étude publiée le 15 mai dans la revue Toxicological Sciences. Après avoir analysé les tissus testiculaires de 23 hommes (on a eu la délicatesse d’attendre qu’ils soient morts pour leur disséquer la peau des couilles), il s’est avéré que ces échantillons étaient tous pollués : 329,44 microgrammes de plastique par gramme de tissu testiculaire, en moyenne.

On a beau rêver de se faire des couilles en or, on les a surtout en plastoc.
En 2023, des biologistes chinois avaient trouvé des microplastiques dans le sperme : hier le contenu, aujourd’hui le contenant, les mecs sont cernés (les chercheurs se sont aussi penchés sur les gonades de chiens, et y ont aussi décelé des microplastiques, mais trois fois moins que chez les hommes : est-ce parce que les quadrupèdes boivent moins d’eau en bouteille et transportent moins de sacs-poubelle ? ). C’est en tout cas une preuve supplémentaire de l’invasion de cette pollution.
En novembre 2022, des chercheurs des universités Clermont-Auvergne et de Toulouse écrivaient, dans une publication (1), qu’« au cours des dernières décennies, la production plastique a explosé, passant de 1,7 million de tonnes dans les années 1950 à plus de 367 millions de tonnes en 2020 », de sorte qu’un être humain ingère entre 0,1 et 5 g de microplastiques par semaine.
Nous avalons cette merde en mangeant, en buvant, en touchant toutes sortes d’objets, mais aussi tout bonnement en respirant… À ce jour, on en a trouvé dans une quinzaine d’endroits du corps humain : placenta, sang, poumon, foie, lait maternel, côlon… Il n’y a pas de raison que l’appareil génital soit épargné.
Quels sont les risques pour la santé ? Évidemment, on pense d’abord à la fertilité. Les chercheurs de l’université de New Mexico l’ont montré chez les chiens : plus ils-ont de micro-plastiques dans leurs testicules, moins ils produisent de spermatozoïdes. Il est vraisemblable que cette pollution s’ajoute à toutes les autres (métaux lourds, perturbateurs endocriniens…) responsables de la détérioration du sperme observée depuis cinquante ans.
Les femmes ne sont évidemment pas épargnées par cette pollution. Pour ne citer qu’un exemple, des scientifiques de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) ont établi que les microplastiques modifient le microbiote intestinal, entraînant « une augmentation de bactéries pouvant être néfastes et une diminution de bactéries bénéfiques pour la santé (2) ».
Il y aurait peut-être tout de même un petit effet positif : si les microplastiques altèrent la fertilité, ils pourraient alors contribuer à limiter la surpopulation, elle aussi responsable de toutes sortes de nuisances… Je ne dis pas que ces deux fléaux vont s’équilibrer, mais il faut toujours voir le bon côté des choses.
Antonio Fischetti. Dans l’hebdo. 29/05/2024
- tinyurl.com/2hhxz6v5
- tinyurl.com/23nxvdwd (en anglais).
Oui le dessin est bien trop présent mais nous avons fait exprès afin que lectrices et surtout lecteurs , justement choqué par ce dessin, prennent conscience de l’importance de la pollution née de l’utilisation du plastique. MC
Les conséquences d’un consommation débridée, et l’absence de régulation des états.
Pourtant on dit que : « gouverner, c’est prévoir »… mais c’est comme l’amiante, et toutes les cochonneries.. on pleure après, pourtant la prévention existe… et le plastique a envahi nos vies depuis plus de 60 ans…je me souviens d’une pub : « plastique Gilac, plastique miracle ». Nous nous sommes laissés envahir : qui n’a pas ses boites Tupperware, sa cuvette en plastique pour laver les légumes, les verres, tasses, bols, assiettes de camping.. dans les couches des bébés, c’est anti fuite, les bouteilles d’eau, de soda, de lait, les plats cuisinés.. et comment s’en débarrasser.. on voit ce qui se passe dans les océans..
Peut-être qu’avaler un peu plus de plastique nous rendra plus…souples de corps et d’esprit…