Le vieil homme que tu es
S’accoude à la fenêtre ouverte
Il se voit passer dans la rue
Il s’accroche un cartable au dos
Prononce quelques mots tirés de la « corbeille de mots »,
Le manuel qui préférait
« Chaque chose a un nom » disait le maître,
« Chaque nom est un ami pour la vie »…
… Il revient de l’école
Le merle qui sautille sous le noisetier
S’arrête et te dévisage longuement
Il t’a déjà vu maintes fois.
Le merle peine à te reconnaître
Maintenant que tremblent au vent
Les trois cheveux qui te restent.
Et tu te verrais bien revenir en arrière,
A ta prime jeunesse, costumé de bleu sombre
Et cravaté de rouge à écrire des vers
Calligraphiquement
Tout se décante
Ce réduit un petit nombre
Des mots concrets, tes premiers mots.
Ils raccommodent la terre et le ciel
A défaut de les coudre ensemble
D’après des poémes de Roland Reutenauer Recueil « Une inconnue de passage » Ed L’herbe qui tremble.