Bis… le « désastre » Aurore !

… après l’irascible, invivable personnage dans son bocal sinistére – voir LIEN -, l’autoritarisme « anti-opinion ».

À l’annonce du résultat, Warda* a d’abord sauté de joie. Avant de rapidement tout mettre en œuvre pour rejoindre le plus vite possible son nouveau poste, comme le lui a demandé l’administration.

Cette fonctionnaire de 39 ans a quitté la collectivité avec laquelle elle officiait en tant que directrice générale des services, a organisé son pot de départ en louant une salle et a rempli un dossier pour la scolarisation de ses deux enfants dans un nouvel établissement.

Bientôt, avant la date symbolique du 8 mars 2024, Warda devait prendre ses fonctions de « directrice régionale déléguée aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes » de la région Centre-Val de Loire.

Un travail qu’elle avait décroché après un long processus de recrutement.

Avant que tout ne s’arrête brutalement à la mi-février, par un simple message de la préfecture. « On m’a notifié que, finalement, le poste ne m’était plus destiné, se désole la jeune femme. Depuis deux mois, je demande des explications, mais personne ne veut m’en donner. »

Ce silence cache en réalité un embarras. La raison ?

L’annulation soudaine du recrutement de la fonctionnaire découle d’un choix politique individuel, celui de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé en personne, en raison des opinions politiques de la candidate.

Cette fonctionnaire de catégorie A+ (correspondant au grade des « hauts fonctionnaires »), dont le patronyme renvoie à ses origines maghrébines (ses parents sont immigrés algériens), présente la particularité d’avoir milité à gauche au sein du parti Génération·s de l’ancien socialiste Benoît Hamon.

Un engagement dont Warda ne s’est jamais cachée, assumant par exemple dans la presse en 2019 son opposition à la « montée des nationalismes », à « l’homophobie » ou encore à « l’islamophobie ».

Dans le même article, la jeune femme affichait également son soutien au mouvement des « gilets jaunes ». Intolérable pour la ministre d’Emmanuel Macron ?

Sollicitée par Mediapart, Aurore Bergé ne nous a pas répondu sur les raisons précises qui l’ont poussée à bloquer le recrutement. « Comme pour toute nomination à la signature d’un ministre, il est de notre responsabilité de confirmer ou infirmer une nomination », a-t-elle simplement estimé, affirmant « avoir décidé de ne pas valider le mouvement en question » en évoquant des prétendus « concertations avec la préfecture et le SDFE [service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes –ndlr] ».

Relancée pour comprendre les motivations exactes derrière son choix, Aurore Bergé a ensuite critiqué la procédure de sélection menée par l’administration, considérant que « les candidates classées en 2e et 3e positions n’ont pas pu défendre leur candidature, ce qui n’apparaissait pas comme juste ».

La ministre a aussi cru bon ajouter que « les postes dans l’administration sont soumis à un strict devoir de neutralité », confirmant en creux le caractère politique de sa décision. Cette « obligation de neutralité » s’apprécie pourtant dans l’exercice des fonctions des fonctionnaires, et non au regard de leurs engagements passés.
[…]

Tout le monde au sein de l’administration – en préfecture comme en administration centrale – avait d’ailleurs validé le recrutement de Warda. Après plusieurs entretiens, dont un rendez-vous le 12 décembre 2023 avec la directrice régionale aux droits des femmes ainsi que la secrétaire générale pour les affaires régionales (Sgar), à Orléans (Loiret), la fonctionnaire avait même reçu, le 17 janvier 2024, une confirmation de la cheffe du SDFE, l’organe référent pour le recrutement au sein de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) du ministère.

« Au vu des qualités que vous avez présentées lors de votre entretien, je vous informe de mon souhait de vous recruter sur le poste et de proposer votre nomination à la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes », lui écrivait la responsable.

Avant de préciser que la date de son recrutement, « idéalement au 1er mars 2024, sera fixée par la direction des ressources humaines des ministères sociaux et [lui] sera précisée prochainement ».

Le lendemain, depuis Orléans, la directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité faisait à son tour part de sa joie quant à cette annonce : « Toutes mes félicitations ! J’espère que vous pourrez nous rejoindre à la date du 1ᵉʳ mars, ce qui vous permettra de participer aux événements autour du 8 mars et d’être en contact dès votre prise de poste avec nos partenaires. Nous préparons votre arrivée. De beaux dossiers vous attendent ! »
[…]

Le 9 février 2024, la Sgar, qui avait pourtant participé au processus et validé le recrutement, doit déclarer la procédure infructueuse.

Warda, la multifélicitée pour son embauche, est exclue, par un simple message, sans explications. Et le poste fait l’objet d’un nouvel appel à candidatures, actuellement toujours en cours, qui est publié au Journal officiel du 23 février 2024.
 […]

Des initiatives personnelles qui déboussolent

Les tensions entre Aurore Bergé et l’administration ne sont pas apparues qu’au moment du blocage du recrutement de Warda. La ministre se distingue en effet, depuis plusieurs mois déjà, par des comportements, décisions ou annonces solitaires, quoi qu’en pensent ou qu’en sachent ses propres services. « C’est quelqu’un qui veut faire des coups. Elle a une forme d’audace, mais elle est dans une stratégie personnelle, basée sur sa communication et un fonctionnement clanique, qui est dysfonctionnelle pour conduire des politiques publiques », critique une ancienne collaboratrice ayant requis l’anonymat.

Un point de vue que conteste Aurore Bergé, qui met en avant son bilan depuis son arrivée au gouvernement […] « Je mets un point d’honneur à ce que les annonces ne soient jamais des effets d’annonce mais entrent dans la réalité des Français », affirme la ministre. 

Plusieurs dossiers ont cependant laissé des traces. Le dernier exemple en date concerne sa réaction aux crimes commis par le Hamas le 7 octobre 2023. Le dimanche 11 février, un mois après son arrivée dans ses nouvelles fonctions, Aurore Bergé fait part de sa volonté, sur Radio J, de couper les financements des organisations subventionnées qui auraient fait preuve d’une « ambiguïté » vis-à-vis de l’attaque.

Le coup de com’ est clairement réussi, l’annonce est reprise partout – le créneau (un dimanche) décuplant son impact politique – mais personne n’a été mis au parfum, y compris au sein du gouvernement. Et l’annonce finit par se retourner contre la ministre et la cause qu’elle prétendait défendre. 

[…]


Antton Rouget. Mediapart. Source (extraits)


* prénom changé par respect de l’anonymat.


4 réflexions sur “Bis… le « désastre » Aurore !

  1. dixvinsblog 17/04/2024 / 9h53

    aurore Bergé cette femme est une arriviste bête et méchante, elle me fait penser a une vielle femme aigrie en tout cas bel article merci

    • Libres jugements 17/04/2024 / 10h53

      Bonjour et merci pour ces deux versions de commentaires.
      Je ne suis pas toute la journée derrière mon écran – fort heureusement pour ma famille et mes diverses occupations journalières de retraités, autres que celles d’animer un blog — veuillez me pardonner du temps d’attente mis entre lecture de vos commentaires et réponses – 3/4 h au regard du dernier.
      D’autre part pour avoir dans certains commentaires, insulté ou recouvert d’offres malhonnêtes, de GRiGRIs, etc., j’ai opté pour la « validation avant acceptation et postage » des commentaires reçus.

      Concernant le personnage Aurore Bergé — j’aurais dû plutôt écrire Horreur Bergé —, tant elle porte par ces dires, actions, comportement hautain, méprisant, toute la MACRONIE sur son dos.

      Avec mon amitié. Michel

  2. dixvinsblog 17/04/2024 / 9h56

    bon je viens de laisser un commentaire mais il n’apparait pas je partage votre point de vue et aurore bergé me fait toujours l’effet de la vilaine petite opportuniste bete et méchante sans réel conviction

  3. tatchou92 17/04/2024 / 17h51

    Madame BERGER aurait longtemps regretté de ne pas avoir conquis le graal ministèriel… Les prédécesseurs de Monsieur ATTAL avaient bien fait de l’ignorer.. elle ne leur rend pas service et semble ignorer les procédures de recrutement.. et les organisations syndicales représentatives..

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.