Le chef des armées critiqué par les chefs militaires
« Emmanuel Macron n’aurait jamais dû, le 26 février 2024, parler de ces « troupes au sol » qui pourraient être expédiées en Ukraine. Le Président emploie des termes dont il ne mesure pas bien la signification. »
Voilà, résumées en termes courtois, les critiques — elles ne le sont pas toujours, courtoises — formulées au sein d’une partie de la hiérarchie militaire.
En évoquant publiquement — et non dans le secret de discussions entre dirigeants alliés — un éventuel envoi de soldats européens, Macron a pour le moins choqué les étoilés de l’état-major. Lesquels ont aussitôt traduit ses propos en « participation aux combats ».
Chef des armées et patron de la force nucléaire depuis sept ans, le Président ne s’est nullement soucié des inévitables dommages collatéraux qu’il allait provoquer. Ils sont catastrophiques.
Tous les Européens ont rejeté cette idée de « troupes au sol », et le chancelier Scholz a renvoyé le chef de l’État français dans ses buts : « Il n’y aura aucun soldat européen ni soldat de l’Otan sur le territoire ukrainien. » Bouquet final de ce feu d’artifice : la Maison-Blanche a annoncé que « les États-Unis n’enverr[aie]nt aucun militaire combattre en Ukraine ».
Poutine a bien reçu le message des Occidentaux — une sorte d’invitation à poursuivre son invasion, ironisent certains mauvais esprits — et il les a encore menacés de ses armes nucléaires.
Après avoir tenté de calmer le jeu grâce aux efforts des communicants de l’Élysée — lesquels évoquaient l’envoi de soldats européens non combattants pour tenir les frontières ukrainiennes ! Macron a d’autres soucis. Malgré une hausse considérable des budgets de la Défense, sa fameuse loi de programmation militaire (LPM) est à récrire.
Arguments au canon
Deux généraux de l’armée de terre sont partisans de cette douloureuse révision. Aujourd’hui à la retraite, ils ont troqué l’uniforme pour le costume trois pièces des dirigeants de l’armement, et ils prêchent désormais pour leur paroisse.
L’un de ces insolents — Nicolas Casanova, ancien patron de la zone de défense ouest — est entré chez Nexter, fabricant du fameux canon Caesar. Dans une note de réflexion adressée à ses collègues du Cercle Maréchal Foch, il fait du petit-bois de la LPM, qui, dit-il, ne prépare pas la France à « un conflit de haute intensité ».
Le général Bertrand Boyard, ancien chef de la brigade franco-allemande, exerce, lui, ses talents chez Arquus (blindés en tout genre). Dans une note similaire à celle de Casanova, il affirme que l’industrie « des blindés [n’est] pas en mesure de passer à l’économie de guerre ».
À l’ entendre, il faudrait modifier le « Code de la défense, afin de ne pas demander aux seuls industriels de l’armement de prendre des risques (et d’investir) avant même l’arrivée des commandes de l’État ». Et un membre de l’état-major des armées reproche aux dirigeants politiques français de vouloir « mettre les industriels de l’armement au garde-à-vous ».
Comme s’ils étaient à plaindre…
Claude Angeli. Le Canard enchaîné. 06/03/2024
Macron parle à tort et à travers, ce qui met non alliés en colère et nos généraux en transe, car tous savent que la France est incapable de mener une guerre de haute intensité, elle n’a plus les capacités industrielles, elle n’a plus les ingénieurs, et son armée n’a même pas été capable d’écraser les gueux du djihad, alors l’armée de Poutine, faut pas rêver. De plus en cas de mobilisation notre jeunesse, fumeuse de hach, habituée aux 35, voire 32, heures, n’a pas du tout envie d’aller se frotter aux russes, et les maladies les désertions réduiront cette armée à une peau de chagrin
Est-il urgent et raisonnable d’agiter la muleta, de tenir ainsi des propos provocateurs, de camper sur une position dangereuse, isolée, inquiètante pour les jeunes, les familles, plutôt que d’utiliser une voie diplomatique commune , pour négocier, face à un agresseur déterminé.
Je ne soutiens pas par ailleurs les propos du Pape François, appelant l’Ukraine à la reddition et à hisser le drapeau blanc..
La Grande Muette chuchote. Est-ce une opposition de basse intensité ?