« La politique, ce sont des additions, pas des soustractions », a dit Gabriel Attal.
On ne sait s’il est bon en calcul mental, mais, en tout cas, son patron Macron et lui-même mettent beaucoup de temps à additionner les ministres délégués et les secrétaires d’État manquant à leur gouvernement « resserré ». Près de quatre semaines, pas moins, après sa formation, c’est long !
Surtout alors que des dossiers chauds, pour ne pas dire brûlants, et dans des secteurs clés, ne sont pas traités. Dans les ministères en déshérence, les partants, c’est humain, sont évidemment plus préoccupés par l’urgence de faire leurs cartons et de se recaser que par celle de résoudre les problèmes en suspens pour un gouvernement duquel ils ont été évincés. Et ceux qui le font par défaut alors qu’ils sont déjà très occupés ne forcent pas toujours leur talent. Pas plus que les administrations en attente de direction.
Ce qui n’arrange précisément pas les affaires de ministères en souffrance, comme celui du Logement, où il y a plus qu’urgence, aussi bien dans la construction ou dans la vente que dans la location. Pas loin de 3 millions de familles sont toujours en attente d’un logement social, alors que les premières déclarations du Premier ministre sur le sujet, notamment la révision de la loi SRU, ont été très mal accueillies.
La politique, c’est peut-être des additions, mais, avec l’absence d’un ministre ou d’un secrétaire d’État entièrement délégué au Logement, mais, dans ce cas précis, c’est plutôt la multiplication des ennuis.
Il en va de même pour les Transports, où les dossiers restés ouverts s’empilent dangereusement. Et où, au-delà des projets autoroutiers ou ferroviaires, inquiète au premier plan le bon fonctionnement des transports en commun pendant les Jeux olympiques, qui s’annoncent pour le moins risqués, et, là encore, ce sont les soucis qui risquent de s’additionner.
Sans parler de la fonction publique et de sa réforme mise sur pause dans l’attente de celui ou celle qui en sera chargé, la Santé n’est pas loin d’être dans le même cas. Certes, officiellement, la ministre Catherine Vautrin compte la Santé dans l’addition de ses multiples attributions. Mais la principale est le ministère du Travail, qui lui laisse peu de loisir pour ses autres fonctions.
Bien sûr, il y a eu la colère des agriculteurs. Mais, même en leur cédant vite et beaucoup, surtout sur les pesticides, cela a pris du temps. Il y a eu aussi la multiplication des bévues de la ministre de l’Éducation et ses tentatives de sauvetage par l’Élysée, pas par Matignon, également très chronophages.
Mais aussi les projets de Macron de continuer à élargir le gouvernement à droite en général et chez LR en particulier. Et le retour dans le jeu de Bayrou, allégé de la charge judiciaire qui depuis sept ans lui plombait le discours et la carrière. Un discours qui le rend insistant et ne simplifie pas le remaniement.
Tant de temps pour décider, tant de dossiers accumulés, la politique, ce n’est « pas des soustractions », mais, pour avoir fait des calculs politiques trop longs, Attal et Macron risquent de devoir vite payer l’addition.
Erik Emptaz. Éditorial du Canard enchaîné du 07/02/2024
Et devront diviser leurs voix
Nos lois sont mal faites. Elle sont souvent inapplicables et inappliquées. Ça pose question sur la formation de nos élus. Ils manquent de rigueur. Le résultat est que la France est le pays qui vote le plus de lois pour corriger des lois anciennes tout en apportant de nouveaux oublis de nouvelles erreurs.
Pas certaine qu’il y ait un secteur épargné, en dehors du sport et des JOPARIS 2024…