Macron la joue « perso » en mer Rouge…

L’envoi sans succès de trois missiles, le 3 janvier, par des rebelles yéménites houthis en direction d’un porte-conteneurs français (sous pavillon maltais) n’a guère traumatisé Macron.

Le Président a refusé, le même jour, de signer la mise en garde lancée par la coalition de 12 pays dirigée par Washington. Laquelle, baptisée « Gardien de la prospérité » et créée en 2023, demandait l’« arrêt immédiat de ces attaques illégales » et menaçait de violentes représailles les Houthis, qualifiés d’« acteurs nuisibles », s’ils continuaient de « menacer des vies, l’économie mondiale et la liberté du commerce » en mer Rouge et dans le golfe d’Aden.

Un texte dont le style agressif avait bien plu à John Kirby, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis. Et pour cause : depuis le 19 novembre 2023, les Houthis ont pris pour cible 25 navires civils avec des drones kamikazes, des roquettes, des missiles ou des bateaux-suicides. Même si leur bilan est plutôt maigre.

Peu enclines à se lancer dans une intervention armée au Yémen, prônée par les stratèges boutefeux américains, l’Espagne et l’Égypte, à l’instar de la France, ont refusé de signer cette quasi-déclaration de guerre aux Houthis.

En décembre 2023, Macron avait approuvé la création de cette coalition internationale, dont l’essentiel des forces affichait la bannière étoilée : le porte-avions nucléaire « Dwight Eisenhower », avec 130 avions de combat à bord, des hélicoptères, 4 000 hommes d’équipage et une petite flotte de navires de protection.

Du made in France dans la guerre du Yémen

Méfiant, et refusant de jouer les supplétifs de la Grande Amérique, Macron avait dès le départ décidé que la frégate française « Languedoc » resterait « sous commandement national ». Et que lui seul pourrait éventuellement donner l’ordre d’ouvrir le feu.

Ce comportement de la France, bien moins belliqueuse que les autres membres de la coalition — parmi lesquels six États européens —, a fait grincer des dents à Washington et dans plusieurs autres capitales. Commentaire d’un diplomate français : « Soutenus par l’Iran, les Houthis n’ont pourtant jamais eu la cote à Paris. La France a en effet fourni à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis des milliards d’armements — avions, chars, canons, etc. — destinés à la guerre que ces deux États ont menée au Yémen pendant huit ans, afin de soutenir un gouvernement faible et peu recommandable face à des Houthis au comportement indéfendable. »

« C’est la loi du genre, ajoute-t-il. L’Arabie et les Émirats, qui sont assez riches pour payer, sont armés par la France, et les rebelles le sont gracieusement par l’Iran, qui les utilise pour emmerder les Occidentaux. »


Claude Angeli. Le Canard enchaîné. 10/01/2024


Une réflexion sur “Macron la joue « perso » en mer Rouge…

  1. bernarddominik 14/01/2024 / 11h03

    Selon un média algérien c’est l’état major qui a déconseillé à Macron cette aventure, le jeu n’en vaut pas la chandelle. La France manque de missiles elle a envoyé son stock à l’Ukraine, rentrer dans ce conflit serait une opération longue et coûteuse, les Houthis armés par l’Iran ont résisté aux armées de l’Arabie et des Émirats, c’est un gros morceau à avaler, ce n’est pas avec quelques missiles que américains et [engrais !!!] (Anglais supposons-nous. MCC) vont régler la question.

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.