La BNP s’allonge…

Condamnée en appel pour pratique commerciale trompeuse le 28 novembre dans une vieille affaire de prêts toxiques, BNP Paribas a fini par déclarer forfait.

La première banque européenne a préféré signer un armistice avec l’association de consommateurs CLCV, qui avait engagé une action de groupe dès 2016, plutôt que de poursuivre une guerre juridique (« Le Parisien », 2/1). Elle craignait de devoir payer encore plus ?

Aux termes de cet accord, BNP Paribas va verser entre 400 et 600 millions d’euros aux 4 655 clients lésés. En 2008 et en 2009, les malheureux avaient souscrit auprès de Personal Finance, une filiale de BNP Paribas, des prêts Helvet Immo, aux taux alléchants, mais dont les risques étaient passés sous silence par la banque. Les emprunteurs se voyaient octroyer des prêts en francs suisses qu’ils devaient rembourser en euros.

À partir de la crise des dettes souveraines de 2010, l’évolution de la parité franc suisse/euro a rapidement fait flamber les mensualités des clients souscripteurs d’Helvet Immo. Dans l’incapacité de rembourser leurs traites, certains emprunteurs ont été contraints de revendre leurs biens. Merci BNP Paribas !

Forts de leur victoire, les avocats des parties civiles estiment que 35 000 produits toxiques souscrits dans d’autres banques mériteraient à leur tour d’être passés au tamis judiciaire.

Comme quoi, la persévérance des consommateurs, ça peut finir par payer…


Article signé des initiales O. B.–K. Le Canard enchaîné. 03/01/2024


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