Le courroux de M. Barnier

Un homme fadasse ou fada ?

Quel coup d’éclat, pour quelqu’un qu’on disait pâlot !

Michel Barnier, l’homme qui a négocié le Brexit pendant quatre ans avec Theresa May et Boris Johnson, vient d’opérer un spectaculaire virage sur l’aile.

Devant les parlementaires LR réunis à Nîmes les 9 et 10 septembre, il s’en est pris à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), deux institutions qu’il juge liberticides. « Il faut retrouver notre souveraineté juridique ! » a-t-il tonné à propos de l’immigration, reprenant le refrain de ces brexiteurs qu’il avait lui-même combattus.

Cette volte-face a provoqué la consternation à Bruxelles (« Le Monde », 12/9) : « Il va plus loin que les Polonais, qui contestent la primauté du droit européen ponctuellement », « Un naufrage ! », ont commenté des ambassadeurs auprès de l’UE.

L’explication est pourtant simple : Barnier est candidat à la primaire des Républicains, où le puissant vent souverainiste fait tourner plus d’une girouette.

Dans cette mêlée, la probabilité que l’ex-négociateur européen gravisse les marches de l’Elysée semble faible. Pas grave !

S’il échoue à Paris, Barnier pourra toujours tenter sa chance à Londres, où Boris Johnson, pas rancunier, lui trouvera un petit job.


Article signé des initiales F. P. – Le Canard Enchainé – 15/09/2021