Rail : Premières privatisations de lignes.

La phase opérationnelle de la mise en concurrence des lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux a été lancée jeudi par le ministère des Transports.

« Avis de pré-information pour la mise en concurrence des lignes Intercités Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon ». Par ces quelques mots introduisant un communiqué à en-tête, le ministère des Transports, jeudi [10/01/2019], lancé la phase opérationnelle de l’ouverture à la concurrence du service public, pilier de la réforme ferroviaire que le gouvernement a fait passer en force en juin dernier.

« Avec cette décision, l’État devient la première autorité organisatrice à s’engager dans le processus d’ouverture à la concurrence », se félicite même le ministère, qui précise « l’objectif d’un début d’exploitation en 2022 ».

Un désengagement déjà largement amorcé par le passage de nombreuses lignes TET dans le réseau TER, passant, dès lors, sous les responsabilités des régions. C’est le cas du Paris-Amiens-Boulogne, du Paris-Orléans-Tours ou encore du Clermont-Nîmes et du Paris-Rouen-Cherbourg.

Dans cette course au tout-concurrence, nombre de régions se sont d’ailleurs déclarées favorables à une libéralisation anticipée, au premier rang desquelles Paca, qui a déjà lancé un appel à manifestation d’intérêt sur la gestion de ses lignes régionales.

Côté calendrier, l’État devrait publier « dans les prochains jours au Journal officiel de l’Union européenne » un avis définitif de pré-information. Une procédure d’appel d’offres s’ouvrira dès lors dans un délai de douze mois minimum, durant lequel, souligne le ministère, « tous les opérateurs candidats pourront faire valoir leurs atouts et propositions ». L’opérateur, SNCF comprise, qui remportera le marché sera alors lié à l’État par un contrat de service public.

L’État n’a pas choisi Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon par hasard.

Ces deux lignes d’intérêt national « viennent de bénéficier d’un renouvellement complet de leurs trains », précise le ministère. Mais, pour les syndicats, c’est l’état des voies qui pose question, singulièrement sur « l’axe Nantes-Bordeaux dont la régénération est à ce jour suspendue à une répartition des financements » entre l’État, les régions et les collectivités pour un montant total de 138 millions d’euros. « Sans travaux, quel opérateur, public ou privé, s’engagera dans l’exploitation de cette ligne alors que les temps de parcours (…) promettent d’être rallongés avec de nouvelles limitations de vitesse ? » interroge les syndicats, qui émettent de « sérieuses craintes quant à la pérennisation de la desserte ».


Marion d’Allard – Source


 

3 réflexions sur “Rail : Premières privatisations de lignes.

  1. bernarddominik 17/01/2019 / 13h43

    Sur la région PACA R Muselier se distingue par son indifférence vis à vis des transports ferroviaires. Son prédécesseur avait réouvert la ligne Cannes Grasse et fait d’important travaux sur la ligne Nice Digne mais pas un centime sur les 5 autres départements, marquant par là la prise de pouvoir du clan des niçois Estrosi en tête. Les régions sont majoritairement tenues par la droite et tous les projets ferroviaires sont, depuis, bloqués, comme le contournement est de Marseille retoqués au profit de projets commerciaux, comme le projet du J1 (embarcadère transformé en hôtel de luxe, piscine, commerces de luxe). Le passage au privé, Muselier ne cache pas ses choix anti service public, est révélateur d’un gouvernement qui parle de transition énergétique mais ce n’est pas pour moins polluer, c’est pour plus taxer. Si la SNCF perd une partie significative du réseau, c’est l’avenir même du ferroviaire qui est en jeu. A Marseille la métropole a préféré mettre en place des bus sur un axe hyper embouteillé, l’A50, plutôt q’utiliser la troisième voie SNCF entre Aubagne et Marseille, pourtant construite à grand frais entre 2012 et 2015, car la région dont c’est la prérogative bloque tout projet de globalisation des transports

    • Libres jugements 17/01/2019 / 14h24

      Bonjour Bernard et merci pour ce commentaire confirmant toutes les craintes d’un abandon ou du passage du rail a des entreprises privées.
      Cordialement
      Michel

  2. jjbey 17/01/2019 / 22h57

    Depuis longtemps le dépeçage de la SNCF est en route et les vautours se précipitent pour avoir une part du service public moribond.
    Les investissements pourront être ainsi être publics et les bénéfices privés……

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