Vu de l’étranger. Le “tour de vis” de la France contre le droit d’asile

Le projet de loi sur l’asile et la migration a été débattu en conseil des ministres, ce mercredi 21 février. La presse étrangère y voit un durcissement de la politique d’accueil française et un pari risqué pour Emmanuel Macron.

Le projet de loi asile et migration, porté par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, “se présente comme ‘énergique, sévère et humaniste’”, relate le journal conservateur espagnol ABC, avant d’ajouter : “Mais il semble en réalité très dur contre l’immigration et le droit d’asile, à la fois en termes judiciaires et de maintien de l’ordre, ouvrant la voie à une immigration sélective.”

“Toujours avide de négociation et de compromis, Emmanuel Macron ne raconte pas d’histoire sur l’immigration et suit le vent de l’opinion publique, qui veut plus de fermeté”, estime de son côté La Stampa. Le journal italien juge que cette réforme constitue “un véritable tour de vis dans le secteur”.

“La future loi créera un règlement d’un nouveau genre, définissant de nouveaux délits, afin de produire un nouveau modèle d’immigration contrôlée”, constate ABC. L’un des principaux objectifs du texte est de réduire à six mois le délai d’instruction de la demande d’asile, notamment en limitant les délais des recours possibles. De plus, ces recours ne seraient plus automatiquement suspensifs. “En résumé, les migrants seront expulsés avant même de connaître leur jugement en appel”, souligne La Stampa.

Le texte vise également à faciliter les reconduites à la frontière et pourrait étendre la durée maximale de rétention à 90 jours. “Il érige aussi un nouveau délit, celui de franchissement non autorisé des frontières, détaille le journal italien : jusqu’à un an de prison et 3 750 euros pour ceux qui, par exemple, passeraient d’Italie en France par les Alpes sans entrer par un poste frontière.”

Une mise à l’épreuve pour la majorité

Ce projet de loi n’est pas sans risque politique pour le président français, pointe El País : “Il met à l’épreuve pour la première fois la majorité d’Emmanuel Macron.”

Plusieurs députés LRM ont en effet fait part de leur réticence à valider le projet de loi en l’état. Résultat, selon La Stampa, la majorité pléthorique de Macron “pourrait cette fois réserver quelques surprises”.

Côté allemand, la Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne que “le sujet divise la société française, ce qui aboutit aux premiers grognements au sein du parti au pouvoir”.

Le journal de Francfort rappelle qu’Emmanuel Macron avait toujours défendu le droit d’asile lorsqu’il était en campagne, “et nombreux sont ceux qui l’accusent désormais de tourner le dos à cet humanisme”.


Blog du Courrier international – Paris – Source


 

6 réflexions sur “Vu de l’étranger. Le “tour de vis” de la France contre le droit d’asile

  1. jjbey 24/02/2018 / 0h33

    ô rage ,ô désespoir, l’ignominie est au pouvoir. Chassons le pouvoir.

  2. bernarddominik 24/02/2018 / 10h52

    Ce projet est il constitutionnel et cohérent avec les traités de l’UE?

    Je fais souvent des randonnées aux cols de l’échelle, de Larches ou de Montgenèvre, et ne passe pas par la RN, je serai donc en infraction! C’est absurde.
    Espérons que le conseil constitutionnel retoque cette loi.

    Mais pour revenir sur le fond de ce projet Collomb ne fait que gratter les français où ça les démange. Déjà sur Facebook j’ai demandé qui était prêt à payer pour l’accueil des migrants. Je me suis fait insulter: tout le monde pense que c’est aux autres de payer. Ce projet de loi ne fera aucun tort à Macron et peut être même lui apportera des voix.

    • Libre jugement 24/02/2018 / 16h13

      Bernard, je comprends pas trop ce que vous entendez par « qui était prêt à payer pour l’accueil des migrants », j’avoue ne pas trop comprendre votre questionnement sans doute ai-je loupé un fait, un écrit, ou une insinuation.
      Dans la mesure ou ceux qui reçoivent l’autorisation de séjours sont soit des têtes professionnels recherchées par les entreprises soit des futurs salariés qui de par leur statut sont dans l’obligation de trouver un emploi sous peine de fin d’autorisation, je ne vois pas le problème … mais je peux me tromper.

  3. bernarddominik 24/02/2018 / 16h58

    L’accueil des migrants signifie les héberger, leur donner une formation, les soigner c’est à dire des frais jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de gagner leur vie. C’est environ 1500€ par mois et par personne. L’état dépense 60 milliards de plus que ce qu’il reçoit en recettes il n »a donc pas de réserve financière. 300000 migrants c’est 5 milliards ce que je veux dire qui est prêt à payer plus d’impôts et de taxes pour financer l’accueil. C’est facile de jouer au généreux quand on n’assume pas. Oui on peut certes dire « il suffit de » mais rien ne prouve que l’état soit en mesure d’éradiquer la fraude fiscal et l’urgence sociale c’est aujourd’hui. Sachant que 300000 est un chiffre bas si on crée un appel d’air.

    • Libre jugement 24/02/2018 / 17h19

      Bernard pour une fois je ne vais être très septique sur votre démonstration quant aux chiffres ils m’étonnent. Je me renseigne et reviendrais certainement vers vous mais que nous soyons d’accord … vous qui dans l’ensemble semblé connaitre les financements … combien faudrait-il de crédits pour que les « migrants » restent à travailler et puissent vivre décemment dans leur pays – je n’entend pas seulement des subventions de la France mais de l’Europe … ou simplement d’acheter les matières premières de leurs sous-sols a un juste prix !
      Et pour clore momentanément, combien de français (notamment les plus diplômés) s’expatrient devenant des migrants (rien que mes enfants et petits enfants ils sont plusieurs)

  4. bernarddominik 24/02/2018 / 18h16

    Vous touchez le point sensible car en vidant l’Afrique et l’Afganistan des jeunes en age de travailler nous agravons leur pauvreté. Mais nous sommes devant un problème inextricable tant que nous n’aurons pas èradiqué la corruption ici en France (par exemple un Bolloré qui se paie un Sarkozy et un Bongo) et en Afrique, mettre des fonds en Afrique c’est en pure perte. Mais je suis bien d’accord sur le fait que l’avenir des africains et en Afrique.

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