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Et si ce n’était qu’un « cliché » ?

La baisse du nombre moyen d’enfants est liée à l’incertitude suscitée par la crise économique et la montée du chômage. Elle était d’ailleurs attendue depuis plusieurs années par les analystes.

Comment se situe-t-on vis-à-vis d’autres pays.

  • Aux États-Unis, l’indicateur de fécondité, qui atteignait 2,12 enfants par femme au début de la crise, en 2007, a reculé à 1,84 enfant en 2015.
  • Au Royaume-Uni, il a reculé de 1,96 en 2008 à 1,82 en 2015.
  • En La France, la baisse de l’indicateur y est pour l’instant plus modeste qu’ailleurs – moins 3,5 % entre 2008 et 2015. Et elle est apparue plus tardivement, peut-être parce que les effets de la récession économique se sont fait sentir plus tard en raison des politiques sociales et familiales qui ont amorti le choc de la crise.

Malgré la baisse récente, la France reste le pays de l’Union européenne où la fécondité est la plus élevée en 2015, avec l’Irlande.

Comment va évoluer la fécondité dans les prochaines années ?

Réponse de l’interviewé Gilles Pison : Une fois les périodes de récessions passées, les couples recommencent à avoir des enfants. Ainsi, la crise ne réduit pas les naissances, elle les retarde. S’il en est de même avec la crise actuelle, la diminution du chômage, si elle se confirmait, devrait être suivie d’un arrêt de la baisse de la fécondité, voire de sa remontée. (…)

La fécondité par génération se stabilise à deux enfants par femmes, comment l’expliquez-vous ?

Gilles Pison : En effet, l’autre indicateur de fécondité, la descendance finale, qui s’applique non pas à une année de calendrier mais à une génération de femmes, est stable et se situe autour de deux enfants par femme, voire légèrement plus pour toutes les générations nées après la Deuxième Guerre mondiale. (…) L’évolution de la descendance finale montre un léger creux autour de deux enfants pour les générations nées à la fin des années 1960 et au début des années 1970, suivi d’une remontée à 2,05 pour les générations suivantes.

Comment peut-on l’expliquer ?

Gilles Pison : Les femmes nées à la fin des années 1960 et au début des années 1970 ont retardé la naissance de leur premier enfant, suivant en cela le mouvement de retard des maternités observé à partir des années 1970 dans tout le monde développé et qui se poursuit de nos jours. (…)


Synthèse d’après une interview de Gilles Pison, paru dans « La Croix » Recueilli par Frédérique Schneider – Titre original « La baisse du nombre de naissance est liée à la crise économique et à la montée du chômage » Source originale