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J’avoue avoir été étonné par la prestation de Vincent Peillon que je ne connaissais pas plus que les autres candidats, concourant dans la primaire du PS.

Apparemment je n’ai pas été le seul à être surpris par la qualité des propositions et ses présentations de programme présentées sans ostentation, par le philosophe candidat.

C’est aussi avec une certaine délectation que j’ai suivis les joutes orales entre Vanessa Burgraff et Vincent Peillon dans lequel la chroniqueuse n’a pu faire mieux que de mettre à chacune de ses interventions (à la limite de l’irrespect) son mouchoir dans sa poche.

D’ailleurs qu’en dit la revue « Le Point » qui n’a pas la réputation de favoriser un candidat de la gauche ….

Et à la surprise générale, Vincent Peillon creva l’écran. Drôle de samedi soir en vérité, où se préparant à regarder « On n’est pas couché », sur France 2, le téléspectateur s’attendait plutôt à contempler une nouvelle exécution médiatique du candidat Peillon, à la peine (…) … c’est le contraire qui est advenu, l’émission de Laurent Ruquier permettant à Vincent Peillon (…) [en] bluffant les uns et les autres, les réseaux sociaux se faisant l’écho du phénomène. Etonnant.

Prenons la mesure du paradoxe Peillon.

« On n’est pas couché », avec Laurent Ruquier aux manettes, avec Vanessa Burgraff et Yann Moix en soutien, c’est a priori l’émission piège type pour un politique tel que lui, qui peine par ailleurs à s’extirper de sa gangue d’intellectuel faisant de la politique. On a vu plus d’un responsable public se perdre à On n’est pas couché, touché coulé par les torpilles expédiées par les chroniqueurs du maître de maison. Mais pas Peillon, que l’on a découvert, durant près d’une heure et demi, argumenter, expliquer, décrypter, plaider sa cause en longueur, soumis à un feu roulant de questions qui, justement, lui ont offert l’occasion de se projeter, enfin, en authentique candidat à l’élection présidentielle. (…)

L’élection présidentielle se joue encore à la télévision

(…). « On n’est pas couché » propose un format (…) au fond essentiel. Un passeur de plat et relanceur, Laurent Ruquier. Et deux interviewers. Le tout sur longue durée. Nous ne sommes pas dans les clips, mais dans une conversation. Ce qui change tout. Dans ce contexte, il est plus aisé pour un candidat de poser en président. Tout se tient au fond, puisque dans la forme rien ne change de bout en bout. On a souvent dit, ici et ailleurs, que contrairement à ce que beaucoup d’observateurs pensent, la véritable émission politique héritière de Cartes sur table et l’Heure de vérité était « On n’est pas couché », et on persiste. Le dialogue. La conversation. L’échange. La relance. La profondeur. La durée. C’est en télévision le format le plus adapté à une campagne présidentielle, qui offre au candidat le loisir de poser une incarnation en présidentialité. Vincent Peillon a su tirer parti de ce format parce qu’il est entré en adéquation avec sa démarche présidentielle. (…)