Les négociations « paritaires » sur l’assurance-chômage ne s’étaient jamais ouvertes dans un tel climat de tension. Gouvernement et organisations patronales ont martelé ces dernières semaines leur volonté de voir baisser les allocations chômage, que ce soit par une réduction de la durée d’indemnisation ou par une dégressivité imposée aux chômeurs de longue durée.
En clair, la dette de l’assurance-chômage devra être épongée par les chômeurs eux-mêmes. Cette idée est non seulement insupportable dans le contexte actuel, mais elle se fonde aussi sur un raisonnement erroné, voire mensonger.
Comme l’ont rappelé nos confrères d’Alternatives économiques, en s’appuyant sur une étude de l’Institut de l’entreprise, le déficit de l’Unedic (25,9 milliards d’euros en 2015) est dû au fait que ce fonds est utilisé par les pouvoirs publics pour financer Pôle emploi et certaines aides à l’insertion professionnelle.
Le régime d’indemnisation des chômeurs pris au sens strict est, lui, excédentaire : 2,9 milliards sur la période 2008-2015, pourtant caractérisée par une hausse du chômage. Il faut également se souvenir, avec Claire Vivès, du Centre d’études de l’emploi, que seulement 6% des chômeurs perçoivent plus de 1500 euros par mois et que la moitié d’entre eux ne touchent aucune indemnité.
