Fin de parcours pour la loi sur la fin de vie. Sénateurs et députés vont adopter aujourd’hui (27/01/2016) définitivement le texte PS-LR qui définit de nouvelles règles pour les patients proches de la mort.
Dormir avant de mourir
C’est la nouveauté : les malades en fin de vie pourront demander une « sédation profonde et continue » jusqu’à la mort. Cela revient à endormir le patient jusqu’à son décès afin qu’il ne ressente pas de souffrance. La sédation s’adressera aux malades conscients incurables, dont la mort est proche, et qui en feront la demande soit parce que le traitement ne permet plus de les soigner, soit parce qu’il leur impose de trop grandes souffrances. Elle pourra également être mise en œuvre pour des patients inconscients, afin de mettre un terme à une « situation d’obstination déraisonnable ». Dans ce cas, la décision sera prise par une volonté collégiale de l’équipe médicale.
Rédiger ses souhaits à l’avance
Pour éviter les drames, comme celui qui déchire la famille de Vincent Lambert, le législateur invite les Français à rédiger leurs directives anticipées. Il s’agit d’indiquer, par écrit, ce que l’on souhaite pour sa fin de vie.
La loi rend les directives anticipées contraignantes. Elles s’imposeront aux médecins, ce qui n’était pas le cas avant le texte d’Alain Claeys (PS) et Jean Léonetti (LR).
Un modèle sera défini qui comprendra un cadre général, ainsi qu’une partie concernant la maladie dont la personne est atteinte, que le malade pourra remplir après avoir eu des informations sur sa pathologie. Une partie sera également réservée à la libre expression du patient.
Avoir sa personne de confiance
Tout adulte majeur pourra désigner une personne de confiance qui sera consultée au cas où lui-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté. Il peut s’agir d’un parent, un proche ou le médecin traitant. Son témoignage prévaudra sur tout autre témoignage. Cette désignation sera faite par écrit et sera révocable à tout moment.
Elodie Bécu – Le Dauphiné Libéré du 27 Janv. 2016