Une analyse de Johanna Dagorn,
sociologue spécialiste des questions de violence a l’école
Pour rappel, l’analyse n’engage que l’auteur.
Ce qui ne sous-entend nullement que l’administrateur n’a pas d’opinion. La vôtre nous importe. MC
Observe-t-on vraiment une augmentation de la violence scolaire ?
« Les faits de violences scolaires n’explosent pas, voire diminuent un petit peu. En revanche, les violences paroxystiques augmentent celles avec des passages à l’acte, avec arme blanche notamment. Cette hausse est liée à deux phénomènes. La question de la santé mentale des jeunes tout d’abord.
Depuis le Covid, les jeunes ne vont pas bien, leur mal-être est très important. Par ailleurs, un autre élément entre en jeu : l’effet d’entraînement des actes récents sur les élèves proches du passage à l’acte, en raison d’une forte médiatisation et d’un écho important de ces drames sur les réseaux sociaux ».
Que l’impact ont ces drames et leur multiplication, sur le climat scolaire ?
« Ces drames créent un stress intense sur la communauté éducative dans son ensemble : élèves, enseignants, parents, personnels des cantines… entraînent de la peur, génèrent un traumatisme qu’il faut accompagner en étant à l’écoute, en particulier des personnes touchées et des témoins de Pacte. »
Comment l’école peut-elle faire face ?
« La prévention humaine est le premier levier. Il est essentiel de repérer les signaux faibles de malaise. Avant de devenir un jeune dangereux, l’élève est un jeune en danger. Un enfant qui commence à devenir irritable, qui commence à avoir une baisse subite des notes, ou alors qui commence à avoir des idées un peu complotistes : ce sont autant de signaux faibles auxquels il faut être attentif ».
Les contrôles sont-ils efficaces ?
« Installer des portiques — qui coûtent très cher — mettre en place des contrôles des sacs pour les couteaux ne réglera pas les problèmes.
Quand on veut commettre un crime, on trouve tous les moyens : un compas, du matériel de chimie… À ce moment-là, il est trop tard. C’est en amont qu’il faut repérer les risques ».
L’école a-t-elle les moyens de prévenir ces risques ?
« Non, c’est bien le problème. Il faut donner les moyens aux établissements, en formant les professionnels, en les accompagnant. Il ne suffit pas de dire qu’on va lutter contre les violences à l’école. Il faut offrir des moyens humains et financiers. Investir dans la prévention est plus efficace que la coercition ».
Elodie Seco. Le Dauphiné. 04/05/2026
L’Avis de Pat LeR.
La question ne concerne pas que l’école. Toute la société se radicalise.
On ne supporte plus aucune autorité et la rébellion se manifeste plus violente à mesure que la répression sévit en retour.
En cause l’effondrement des valeurs familiales, des autorités politiques, religieuses qui donnent le mauvais exemple, un avenir incertain et compromis.
Les réseaux sociaux trompeurs qui remplacent les médias, les jeux vidéo hyperréalistes tout comme le cinéma, les drogues diverses et j’en oublie sûrement, pour TOUTE LA MISÈRE du monde qui s’aggrave.