IA : la contre-offensive française de huit doubleurs de voix…
Ce sont les voix d’Angelina Jolie ou de Richard Gere, de Buzz l’Eclair ou de Cartman.
Huit acteurs de doublage français ont adressé des mises en demeure à Voice Dub et Fish Audio, deux sociétés américaines ayant cloné leur voix sans leur accord.
Une action collective et inédite d’une profession tétanisée par la déferlante de l’intelligence artificielle (IA) générative.
Dans des courriers datant du 30 janvier 2026, les acteurs somment les entreprises de retirer de leurs plateformes tous les modèles de clonage exploitant « [leur] voix » sous huit jours. Ils réclament également 20 000 euros de dommages et intérêts.
Tout se passe sans notre autorisation
Le litige se noue autour d’une fonctionnalité précise : la possibilité offerte par ces plateformes, moyennant paiement, de faire lire un texte avec une voix choisie dans un large catalogue, où figurent notamment celles d’Emmanuel Macron, Kylian Mbappe où de grands noms du doublage français.
Tout se passe sans notre autorisation, on parasite notre interprétation, on est néantisé, piraté. C’est notre métier, « on vit de notre voix », explique Françoise Cadol (Angelina Jolie ou Sandra Bullock) qui voit déjà, chez d’autres doubleurs, les opportunités de travail s’assécher.
Si elles restent sans réponse, les mises en demeure seront suivies d’une assignation en justice, promet l’avocat des acteurs. Même si elles sont basées aux États-Unis, elles ne peuvent se soustraire la loi française, estime-t-il.
Un problème mondial
En 2023, la star américaine Scarlett Johansson avait mis au jour l’utilisation sans son consentement de sa voix par la start-up OpenAl, qui a conçu ChatGPT.
La société avait alors reculé.
Plus récemment, l’acteur américain Matthew McConaughey a déposé des extraits vidéo de son image et des audios de sa voix auprès de l’Institut américain de la propriété intellectuelle pour les protéger de l’IA sauvage.
L’avis de M.C.
De même que nul ne peut éditer une photographie sans son consentement, l’utilisation de l’IA pour doubler des voix se doit d’être soumise à une réglementation stricte et réservée exclusivement au doublage d’un film, téléfim ou pièce de Théâtre, dans lequel les acteurs ont participé.
Cette approche garantit que les droits et l’intégrité artistique des interprètes sont respectés. Les voix d’acteurs, qu’ils soient célèbres ou moins connus, possèdent une dimension unique qui contribue à l’expérience cinématographique globale. Par conséquent, il est essentiel que toute artificialisation de leur voix se fasse avec une attention légale et éthique.
Par contre, prendre la voix d’acteurs, d’actrices, de personnalités, ou de “X”, y compris la mienne ou la vôtre, sans son consentement, voire l’utilisé à des fins illégales (harcèlement, chantage, alibi, promotionnel…) se doit d’être vigoureusement sanctionné. La technologie avance à un rythme rapide et, sans régulations claires, des abus peuvent survenir, ce qui pourrait nuire à des individus et compromettre la confiance dans les médias. Des lois robustes doivent être mises en place pour protéger les artistes et le public contre ces utilisations abusives.
Du point de vue audible et esthétique, il est vrai que certains doublages, notamment de séries étrangères seraient « peut-être » plus acceptables avec l’utilisation de l’IA.
Je pense notamment à des films ou téléfilms anglais ou allemands qui, par le passé, ont souffert d’interprétations qui ne rendaient pas justice à l’œuvre originale. L’IA pourrait potentiellement améliorer ces adaptations, à condition que cela soit fait dans le respect des artistes impliqués.