L’année des municipales et…

… sous le signe des primaires en vue de la présidentielle qui aura lieu dans quinze mois. Qui pour succéder à Emmanuel Macron ?

Aux deux extrêmes de l’échiquier politique, il y a plus de certitude que de doute : La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) auront chacun un candidat. Jean-Luc Mélenchon prépare sa quatrième campagne et Jordan Bardella suppléera Marine Le Pen si la justice confirme l’inéligibilité de cette dernière.

Pour les autres partis, c’est encore l’incertitude. Ni à gauche ni à droite ne se dégage un candidat naturel, mais ceux qui se rêvent à l’Élysée sont nombreux. C’est la raison pour laquelle l’hypothèse d’une primaire gagne du terrain. Dans chaque camp.

La gauche a été la première à l’envisager.

Dès juillet, à Bagneux, le Parti socialiste (PS), les Écologistes, François Ruffin (Debout !) et les anciens de La France insoumise (L’Après) et Génération.s s’étaient mis d’accord sur le principe d’une candidature commune hors LFI. Seul le Parti communiste traînait des pieds.

Six mois plus tard, le calendrier initial tarde un peu… « Elle aura lieu », promet Marine Tondelier, désignée candidate pour y participer, tout comme François Ruffin et Clémentine Autain. Le PS, lui, aimerait bien une large union de la gauche hors LFI, mais derrière son candidat. « Le problème c’est qu’on n’a pas encore notre champion de la gauche républicaine », reconnaît un député PS. Raphaël Glucksmann (Place Publique) refuse de se plier à une primaire, mais ne fait pas l’unanimité à gauche… Il n’incarne pas la gauche de rupture, explique le député cité, peu convaincu par un profil social-démocrate.

La droite a le même problème que la gauche :

Elle n’a pas un candidat naturel. Fin politique, Laurent Wauquiez, patron des députés Les Républicains (LR), longtemps hostile à l’idée d’une primaire, la défend désormais, avec un spectre allant de Sarah Knafo (Reconquête !) à Gérald Darmanin (Renaissance). Il englobe ainsi l’électorat traditionnel de LR, parti lors de la dernière présidentielle soit chez Éric Zemmour soit chez Emmanuel Macron. _« Je veux rassembler _ la droite, historiquement la droite a toujours été plurielle. La droite gagne quand elle est réunie », dit-il, persuadé que c’est le seul moyen de rivaliser avec le RN.

Débat à suivre au centre et à droite

Politiquement, cela lui permet aussi de prendre le dessus sur Bruno Retailleau, qui a lancé une réflexion sur le mode de désignation d’un candidat au sein de LR. « L’idée d’une primaire arrive à vitesse grand V car les sondages sont mauvais. Sans ça, on perd donc on disparaît » abonde une ministre Renaissance. Sa collègue Aurore Bergé milite à voix haute pour un départage de ce type depuis déjà longtemps. Comme d’autres, elle a conscience qu’une primaire offre une dynamique à celui qui la gagne et que dans le bloc central aucun candidat, officiel ou officieux, ne s’impose actuellement.

Édouard Philippe (Horizons) ne veut pas pour l’instant se plier à une primaire. Le débat sur le sujet va prendre de l’ampleur très vite cette année. Celle de la gauche a une longueur d’avance et ses modalités seront dévoilées très rapidement. Celle de la droite et du centre, longtemps jugée improbable, pourrait s’imposer aussi dès les municipales de mars passées.


Nathalie Mauret. Le Dauphiné. 03/01/2026


2 réflexions sur “L’année des municipales et…

  1. bernarddominik 05/01/2026 / 10h49

    Dans ma commune c’est la droite qui part divisée, une liste LR conduite par une conseillère départementale de la majorité de M Vassal, une liste RN UDR conduite par la directrice de l’université du temps libre, une liste renaissance le parti de Macron conduite par l’ex attaché local de Bernard Tapie et ex secrétaire de la section locale du PS dont il a le soutien, une liste de gauche (hors PS) conduite par la première adjointe du maire sortant (qui ne se représente pas). La première adjointe Hélène Spinelli est professeur des écoles, je la connais bien, elle est compétente, et sa première qualité est de ne pas décider seule, j’espère qu’elle sera réélue. Comme notre ville est petite je connais les 4 candidats, et à part la candidate LR qui n’aime pas les questions sur les raisons de ses votes (car visiblement elle ne les connait pas), je connais personnellement les 3 autres candidats, qui sont, au demeurant, très sympathiques.

    • Libres jugements 05/01/2026 / 11h05

      Un bien bel énoncé, Bernard, reste à trouver le bon programme puis à utiliser le bulletin de vote adéquate, en somme…
      Amitiés. Michel

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