IRAN…

… le risque d’une nouvelle ingérence américaine.

Téhéran a levé ses boucliers vendredi pour défendre sa souveraineté nationale face au géant américain qui s’est dit prêt à intervenir si des manifestants étaient utiles sur le territoire iranien. Les mots viennent du président Trump lui-même, communiquant sur son réseau Truth Social. Il fait référence aux manifestations contre la vie chère et l’hyper-inflation qui traversent le pays depuis plusieurs jours et durant lesquelles au moins six morts sont à déplorer. Si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme a son habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. Nous sommes prêts, armés et prêt à intervenir., a estimé le locataire de la Maison-Blanche, allie d’Israël, ennemi de l’Iran. Téhéran n’a pas tardé à faire savoir sa désapprobation.

Trump devrait savoir que toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains, a commente Ali Larijani, un conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei. « Qu’il prenne, garde, a ses soldats ». Un autre conseiller a même affirmé que toute intervention américaine en Iran serait suivie d’une « riposte ».

Mise en congé forcée du pays

La République islamique entend en effet contenir tous les éventuels débordements, elle-même. Plus tôt dans la semaine, un procureur avait prévenu que « toute participation a des rassemblements illégaux et toute action visant à troubler l’ordre public » constituaient « des crimes » qui seraient traités « avec la plus grande fermeté par la justice ». Jeudi soir, trente personnes accusées de « troubles à l’ordre public » ont été arrêtées dans la capitale. Et ce, alors qu’aucun incident n’avait été officiellement rapporté ces derniers jours.

La contestation en Iran touche ou a touché, à divers degrés, au moins 20 villes différentes, essentiellement de taille moyenne et située dans l’ouest du pays. Elle a donné lieu localement à des affrontements et des dégradations contre des bâtiments publics. Les manifestants pointent du doigt une situation économique catastrophique : la monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar et le taux d’inflation était en décembre de 52 % sur un an, selon des statistiques officielles.

La quasi-totalité du pays a été mise en congé cette semaine, sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d’énergie sans faire officiellement de lien avec les manifestations.


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