Arte ce soir 20/1/2026

Pavel Talankin, 34 ans, ex-enseignant d’une petite ville de l’Oural (Russie) dont le destin bascule en février 2022… Le quotidien paisible de l’école de Karabach, se métamorphose.

À cette date, Vladimir Poutine vient d’annoncer une « opération militaire spéciale » et lancé ses troupes sur l’Ukraine. Désormais, la propagande rythme les journées : leçons imposées aux élèves (et aux enseignants) pour justifier la guerre, exaltation de l’armée et du régime et, chaque matin, une cérémonie de lever de drapeau.

Dans cette école ou P. Talankin travaille depuis des années comme pédagogue et responsable des animations, il en est aussi le vidéaste officiel, chargé de filmer remises de diplômes ou concerts de la chorale…
Tout le monde a l’habitude de le voir arpenter les couloirs, caméra au poing. En apparence, rien ne change. À ceci près que sa caméra capte désormais les séances d’« éducation patriotique » pour attester auprès de l’autorité centrale que la mission idéologique est accomplie.

En secret, il archive tout. Les hallucinants cours d’histoire, les gamins manipulant des armes de guerre, la visite des mercenaires de Wagner… Lui qui a fait de son bureau un « bastion de la démocratie » sait reconnaître une société qui sombre dans le fascisme.

Lorsque la répression se durcit, son départ devient inéluctable. Un plan d’exfiltration est mis en place. En 2024, muni d’un billet retour pour donner le change, il franchit les contrôles a l’aéroport, la peur au ventre.

Le film « Mister Nobody contre Poutine », fascine à travers le monde pour ce qu’il révèle de la Russie profonde, verrouillée, mais aussi parce qu’il raconte l’histoire universelle du grain de sable dans le système, un homme seul — Pavel Talankin — qui s’attaque dans l’ombre à une puissance mortifère.



Synthèse d’un article signé Isabelle Poite. Pour lire l’original : Télérama. N° 3966 – 14/01/2026


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