Ne pas sacrifier nos enfants

C’est dans l’enceinte du congrès des maires de France que le Chef d’Etat-Major des Armées françaises (Cema) s’est transporté sur ordre du président de la République pour un affreux discours de préparation et d’éducation à la guerre.

 Chargé de tétaniser les citoyens, au cœur d’une crise politique sans pareille, ses apparitions ressemblent furieusement à la préparation d’un élargissement des pouvoirs du président de la République pour un gouvernement par la peur.

Le texte de son discours mériterait d’être disséqué mot à mot tant ; il sent l’odeur de la poudre et gronde du bruit des missiles qui détruisent tout : « On a tout le savoir, toute la force économique et démographique pour dissuader le régime de Moscou… Ce qu’il nous manque, et c’est là où vous avez un rôle majeur, c’est la force d’âme pour accepter de nous faire du mal pour protéger ce que l’on est », a ainsi déclamé le général proposant que « la force d’âme » soutiennent la force des armes.

« Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à perdre ses enfants, a-t-il insisté, parce qu’il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à la production de défense, alors on est en risque ».

Le plus haut gradé de France veut donc embarquer les maires dans sa croisade militariste en leur demandant d’organiser des porte-à-porte pour expliquer aux familles qui n’ont déjà pas grand-chose, qu’elles doivent encore plus se serrer la ceinture tout en préparant le paquetage de leurs enfants qu’il « faudrait accepter de perdre ».

C’est purement ignoble.

Au passage, dans le cadre de réductions des crédits utile aux services publics, il demande aux municipalités et aux départements de financer les infrastructures militaires dans leurs territoires. […]

En chœur, des généraux des différents pays européens en mission exigent notre soumission à la sale « économie de guerre » et invitent à « sacrifier nos enfants » pour la patrie, pour des « valeurs ». Or, la seule patrie du système est celle de l’argent-roi, et ses seules valeurs se réduisent aux cotations boursières des banques et des multinationales.

Le président de la République chapeaute l’ensemble en insistant une nouvelle fois : « Nous devons montrer que nous ne sommes pas faibles avec la puissance qui nous menace le plus » a-t-il expliqué pendant que les institutions européennes préparent un « programme européen pour l’industrie de la défense » […]

La bouillabaisse idéologique autour des « compromis » des appels à la « raison » sert à faire accepter un budget d’austérité et de militarisation et des dispositifs de destruction de conquis sociaux. Nous entrons dans une nouvelle phase ou la distillation de la peur par le président de la République et ses aventurismes guerriers deviennent très préoccupants, très inquiétants.

Ils dégagent la voie à de nouveaux autoritarismes, ils testent la possibilité de renforcement du pouvoir du monarque-président au nom de « la dangerosité » de la situation. L’heure est pourtant à imaginer tout autre […] des chemins de paix qu’il faut rechercher de toutes nos forces.

Il faut maintenant sortir des faux semblants. Il faut vraiment agir et empêcher que cela dégénère.


 Extraits de « La lettre du 29/11/2025 » Patrick Le Hyaric

L’avis de A-M. R.

Ne pas laisser la peur dominer nos vies, ne soyons pas des moutons peureux suivant sans réfléchir des loups déguisés en bergers !

L’avis de B.H.

Totalement ignoble. Ce général doit être licencié.


Une réflexion sur “Ne pas sacrifier nos enfants

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