Le continent européen doit se préparer selon ses dirigeants à une guerre inéluctable avec la Russie. Dans ce climat angoissant, l’engrenage n’est pas automatique. La diplomatie peut reprendre la main et déjouer la prophétie autoréalisatrice.
« Menace existentielle », « un moment de bascule », « un choc à venir ».
Depuis deux ans, les discours des ministres européens annoncent une guerre inévitable avec la Russie. La France n’échappe pas à cette narrative, Emmanuel Macron déclarant le 18 février que « La Russie constitue une menace existentielle pour les Européens. »
Quelques mois plus tard, il a affirmé devant les forces armées que notre liberté est plus menacée que jamais depuis 1945, appelant à une prise de conscience nationale.
Plus tôt, le général Thierry Burkhard a décrit la Russie comme notre premier adversaire en Europe, représentant une menace militaire durable.
À l’horizon 2030, elle pourrait devenir une vraie menace à nos frontières, car Vladimir Poutine cherche à affaiblir l’Europe et l’Otan.
Fabien Mandon a également alerté les parlementaires sur les dangers d’une poursuite de la guerre en Europe et l’urgence de préparer la France à un choc potentiel avec la Russie dans trois ou quatre ans, insistant que notre pays doit être prêt à affronter de lourdes pertes.
« Nous devons être prêts pour la guerre en 2029 »
En janvier 2024, une note secrète de l’armée allemande évoque une possible escalade militaire entre la Russie et l’Otan, avec un scénario « Alliance défense 2025 » prévu pour février 2025. Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, insiste sur la nécessité d’être prêt pour une éventuelle guerre d’ici 2029. Alors que la guerre en Ukraine approche de sa cinquième année, l’Otan retrouve son unité, Mark Rutte alertant sur le manque de préparation pour les années à venir. Le général Olivier Kempf souligne que la Russie ne représente pas une menace existentielle pour la France et estime que l’idée d’un conflit classique est irréaliste.
Une dramatisation des discours
Dans un rapport de l’Institut Montaigne, il est suggéré que la Russie pourrait tester l’article 5 de l’Otan en agressant les pays Baltes, en particulier par une incursion dans des zones comme Narva, où une forte minorité russophone vit, ce qui déclencherait le principe de solidarité de l’Alliance.
Attaquer les pays Baltes impliquerait de confronter une coalition militaire incluant potentiellement une trentaine de pays européens et les États-Unis, la plus grande puissance militaire. Cependant, certains penseurs atlantistes et libéraux restent moins affirmatifs. Selon une étude de l’Institut français des relations internationales (Ifri), le point faible de l’Europe reste le domaine terrestre, bien que celle-ci ait des avantages en entraînement et tactiques. La Russie, quant à elle, a un avantage en termes de masse et de puissance de feu.
L’Europe est forte dans les secteurs aérien, maritime et cybernétique. Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur, juge irréaliste l’idée que des soldats français puissent combattre les Russes, soulignant que cette dramatisation coïncide avec les périodes budgétaires. De plus, les dépenses militaires atteignent des niveaux record, exacerbées par la guerre en Ukraine, avec une prévision de 2 700 milliards de dollars en 2024 selon le Sipri.
Le surarmement comme un moyen d’éviter un confit ?
Avec le retour de Donald Trump et sa demande d’augmenter les dépenses militaires des membres de l’Otan à 5 % du PIB, les budgets militaires mondiaux devraient atteindre des sommets en 2025. En 2024, la hausse est principalement due à l’Europe, avec une augmentation de 17 %, tandis que les États-Unis continuent de représenter une part importante des dépenses mondiales.
Kaja Kallas, haute représentante de l’UE, et Igor Delanoë soulignent l’importance des dépenses militaires pour contrer les menaces russes et la nécessité d’un cadre sécurisé global. Le défi sécuritaire en Europe, accentué par les tensions en mer Baltique, se renforce avec l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Otan, augmentant les frontières avec la Russie.
« Seuls les États-Unis parlent à la Russie »
La logique de la confrontation et le réarmement des pays en Europe soulèvent des interrogations sur l’oubli de la diplomatie, malgré les obligations de la Charte des Nations Unies.
D’après un long article signé Vadim Kamenka. Source originale.
C’est d’autant plus débile que face aux 3 géants Chine Inde USA, la seule solution est l’union Russie UE. Mais les 3 petits (Macron Starmer Merck) se croient 3 grands.
Ne pas laisser la peur dominer nos vies en avalant tout et n’importe quoi (comme pendant le covid).
Ce n’est pas une entrée en guerre qui défendra la démocratie. C’est la puissance de la pensée et de la diplomatie, avec le renforcement et la défense des institutions communautaires internationales qu’il faudrait d’abord développer.