… pour redresser ses comptes publics.
[Il faudra peut-être appliquer ce remède, mais quelles que soient les décisions qui seront prises, les mêmes personnes en souffriront, vous, moi… alors que la dette de la France incombe à notre nain. MC]
Qu’on se le dise, l’excédent budgétaire dégagé par Lisbonne depuis deux ans fait pâlir d’envie nombre de démocraties européennes. Il n’y a pourtant pas si longtemps, le Portugal faisait partie des pays les plus touchés par la crise de la zone euro (2009-2014) avec une situation bien plus défavorable que celle de la France aujourd’hui.
Pour mesurer l’état des finances du pays, il faut se replonger dans les chiffres. Le déficit national portugais s’élevait à environ 10 % du PIB en 2010 et la dette représentait à peu près 160 milliards d’euros, selon la base de données Fred (Federal reserve economic data).
À cette époque, la « troïka » – c’est-à-dire la Banque centrale européenne, le FMI et la Commission européenne est contrainte d’intervenir via un plan de sauvetage et accorde 78 milliards d’euros de prêts à Lisbonne sur trois ans. En contrepartie, le pays doit réduire drastiquement ses dépenses et appliquer une politique d’austérité.
« Cela s’est conclu par des hausses de la TVA, des impôts, une réduction des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, mais aussi le gel des embauches dans le public et des réformes structurelles menées sur le marché du travail comme la privatisation d’entreprises publiques ou la fin de l’encadrement des loyers, énumère Francisco Serranito, professeur d’économie à l’université Paris-Nanterre. C’est un programme choc qui a été administré au pays ». Et qui porte ses fruits : à partir du troisième trimestre de 2017, le pays est revenu dans les clous en repassant sous la barre des 3 % de déficit autorisé par le traité de Maastricht.
« Un miracle économique, mais un désastre social »
Mais ces mesures ont entraîné un accroissement inédit des inégalités. « En 2008, le taux de chômage était d’environ 8 % et a grimpé à 18 % en 2013 », rappelle le chercheur au laboratoire EconomiX de l’université francilienne. Le marché du travail s’est libéralisé avec une hausse de la précarité des travailleurs, dans un pays où le salaire minimum et les pensions de retraite étaient déjà parmi les plus bas de la zone euro.
Pas de manifestations monstres dans les rues de Lisbonne ou Porto. « La population a plutôt subi, dans une sorte de défaitisme, selon Francisco Serranito. Les syndicats faisaient grève, mais ce n’était pas aussi massif que dans d’autres pays. À titre personnel, je pense que si on avait eu la même chose en France, le pays se serait arrêté. » Difficile donc d’y voir une recette magique pour redresser les comptes publics. « C’est un miracle économique, mais un désastre social », résume le chercheur. En parallèle de la réduction des dépenses de l’État, Lisbonne a aussi largement investi dans le tourisme de masse qui porte toujours l’économie aujourd’hui, représentant 20 % du PIB en 2024.
Mais cela ne va pas sans des difficultés pour les jeunes diplômés à trouver un emploi, des postes peu qualifiés dans l’hôtellerie et la restauration pourvus par des étrangers qui donnent le sentiment d’un travail « volé » aux Portugais les plus vulnérables. Et en conséquence, une montée du vote de l’extrême droite, désormais troisième force politique du pays.
Sandrine Tran. Le Dauphiné 26/10/2025
La commission européenne porte une lourde responsabilité en ayant décidé de renoncer à l’industrie et choisi l’importation massive de Chine, tout ça pour que l’Allemagne puisse continuer à lui vendre ses BMW et Mercedes. Pour moi la seule solution viable pour l’UE est l’intégration de la Russie qui avec ses immenses richesses et la préférence des russes pour la vodka offrira de meilleurs débouchés que les usa devenus prédateurs plus que partenaires.